L’artisanat d’art à Nantes désigne l’ensemble des métiers qui produisent, restaurent ou transmettent un savoir-faire manuel appliqué à un objet unique ou en petite série : ébénisterie, tapisserie d’ameublement, vitrail, céramique, verre, horlogerie, bijou, cuir, textile. La ville en compte plusieurs dizaines, répartis entre des ateliers individuels et une poignée de lieux collectifs récents — dont un pôle entièrement dédié aux arts du feu, ouvert en 2025. Cette page rassemble les adresses, les formations et les rendez-vous vérifiés.
Où rencontrer les artisans d’art à Nantes
Nantes n’a pas de « rue des artisans ». Ce qu’elle a, en revanche, ce sont des lieux collectifs, et c’est là qu’il faut chercher : un artisan installé seul dans son atelier est souvent invisible, un atelier partagé ouvre ses portes.
La Caserne Mellinet, le vrai pôle métiers d’art nantais
L’ancienne caserne Mellinet, en cours de reconversion, concentre aujourd’hui l’essentiel de l’activité artisanale d’art de la ville. Deux équipements y cohabitent.
Le pôle des arts du feu a été inauguré le 17 mai 2025 dans les Petites Écuries de la caserne. Cinq bâtiments réhabilités abritent trois ateliers de production artisanale, une galerie, deux ateliers d’artistes et un espace de pratique collective utilisé par les ateliers de l’École des beaux-arts. Les disciplines visées sont le verre, le métal et la céramique — les trois matières qui passent par le feu. L’animation du lieu est confiée à l’association Les Factotum. C’est, à ce jour, le seul équipement public nantais explicitement dédié à des métiers d’art.
ICI Nantes, au 24 rue de la Mitrie, occupe 1 600 m² sur le même site. C’est une manufacture collaborative du réseau Make ICI : une cinquantaine de résidents y partagent des ateliers bois, métal, textile, cuir et fabrication numérique, ainsi qu’une matériauthèque. Le lieu accueille aussi bien des artisans d’art installés que des créateurs en phase de lancement — ce qui en fait un bon point d’entrée pour qui veut se lancer sans investir immédiatement dans une machine.
Ateliers ouverts et boutiques de créateurs
- Le 67 – ateliers de créateurs, 67 rue du Millau : un ensemble d’ateliers d’artistes et d’artisans d’art, avec visites sur rendez-vous, expositions et cours. C’est le lieu le plus ancien de ce type à Nantes.
- L’Éclatante, 35 rue Léon Jamin : boutique de créateurs doublée d’ateliers, ouverte du mardi au samedi.
- Atelier Mû : boutique de créateurs et cours de couture.
- La Cour artisanale Brocéliande, quartier du Bout des Landes : ouverte en avril 2024, dix ateliers de 232 à 286 m², pensés pour des artisans qui ont besoin de volume.
- La Fourmilière et Stütz, au sud de Nantes : deux coworkings artisanaux installés dans d’anciens locaux de menuiserie et de métallerie.
À l’échelle du département, l’association Métiers d’art sur Loire fédère une vingtaine de professionnels — bijou, céramique, textile, laque, marqueterie, cuir, vitrail, restauration — répartis entre Nantes, Clisson, Ancenis, Oudon, Saint-Nazaire, La Baule et Pornic. C’est le réseau le plus simple à contacter pour identifier un artisan par spécialité.
Sept artisans nantais, vérifiés un par un
Ces noms ont été confirmés sur sources primaires — sites d’atelier, journal de projet de la caserne Mellinet, collectif Métiers d’art sur Loire. Trois d’entre eux travaillent aux Petites Écuries, ce qui confirme que le pôle des arts du feu est bien devenu le cœur artisanal de la ville.
- Simon Müller — souffleur de verre, Petites Écuries, caserne Mellinet. A installé son four et sa canne aux Petites Écuries en 2025 ; il enseigne par ailleurs la technique du verre aux Beaux-Arts de Nantes.
- Simon Fédou — céramiste tourneur, Petites Écuries, caserne Mellinet. Installé depuis l’ouverture de mai 2025 ; il monte avec Marie Hulbert un four à bois dans la cour de la caserne.
- Marie Hulbert — céramiste, Petites Écuries, caserne Mellinet. Travaille au modelage, au tour et au colombin sous la marque Quartz Ceramic ; ouvrait son atelier au public lors des Journées des métiers d’art 2026.
- Pascale Chassagny — relieuse d’art et doreuse, rue Élie-Crépeau, Nantes. Restauration de livres, reliure classique et de création, gainerie et cartonnage ; elle donne aussi des cours à l’atelier.
- Claire Masfrand — relieuse-doreuse, rue Tour d’Auvergne, Nantes. Sous le nom L’établi du livre, elle relie et restaure registres d’état civil et minutes notariales pour des communes de Loire-Atlantique.
- Séverine Bauducel — tapissière d’ameublement, Vertou, métropole nantaise. À l’Atelier du Bout du Bourg, elle refait les sièges à l’ancienne — crin, chanvre et lin — dans un ancien pressoir du XIXe siècle.
- Catherine Bouin-Jacquet — maroquinière, Saint-Aignan-de-Grandlieu, métropole nantaise. Atelier Mauve & Fauve : elle coupe et monte sacs et pochettes à partir de stocks dormants de peaux et de tissus.
Sept autres professionnels nantais du collectif Métiers d’art sur Loire — bijou, marqueterie de paille, céramique, broderie, peinture sur verre, restauration de tableaux, laque — ne figurent pas ici : le collectif publie leur nom et leur métier, mais pas leur adresse d’atelier.
L’histoire des métiers d’art nantais n’est pas celle qu’on raconte
On associe volontiers Nantes à la faïence. C’est excessif. Des faïenceries y ont bien existé — la première fondée en 1751-1752 par Leroy de Montillier, élevée au rang de manufacture royale en 1760, puis celles de Cacaut près de la place Viarme et de Derivas et Fourmy au pont de la Madeleine, dont le musée Dobrée conserve des pièces — mais Nantes n’a jamais été un centre faïencier au sens où le sont Nevers, Rouen ou Quimper. Il n’existe pas de « style nantais » identifié en céramique ancienne.
Les indiennes : le vrai savoir-faire d’art nantais
Le savoir-faire qui a réellement fait la réputation de Nantes, c’est l’indiennage : l’impression de toiles de coton peintes, développée à partir des années 1760 par des familles venues de Suisse protestante — Gorgerat, Petitpierre, Favre, Kuster, Bourcard. Vers 1775, certaines manufactures nantaises sortaient plus de 15 000 pièces par an, à parité avec la manufacture d’Oberkampf à Jouy-en-Josas.
Et c’était un travail de métiers d’art au sens strict, avec des spécialités nommées : les dessinateurs composaient les motifs, les graveurs les reportaient sur les planches de bois, les pinceauteuses posaient les couleurs à la main, une par une, dans des journées qui pouvaient approcher seize heures. Les toiles nantaises étaient réputées pour la finesse de leur gravure et pour des motifs d’actualité — scènes de littérature, d’opéra, événements politiques. L’activité s’est éteinte dans les années 1820-1830.
Cette histoire a un revers qu’on ne peut pas passer sous silence : une part majeure de ces toiles était destinée à la traite négrière, les textiles représentant au moins la moitié de la valeur des cargaisons d’échange. Le savoir-faire est réel, la prospérité qu’il a produite l’est aussi, et elle est indissociable de ce commerce. Raconter les toiles de Nantes sans le dire reviendrait à raconter la moitié de l’histoire.
Le bois, le métal et la mer
L’autre héritage est naval. Les chantiers Dubigeon s’installent à Chantenay en 1760 ; les Ateliers et chantiers de la Loire s’implantent sur la Prairie-au-Duc en 1881, ceux de Bretagne en 1895. Pendant les Trente Glorieuses, près de 7 000 salariés travaillent sur les trois sites nantais. Le dernier navire, le Bougainville, quitte la ville le 3 juillet 1987.
Ce que cette histoire a laissé, ce sont des gestes : la charpente de marine, passée du bois au fer au XIXe siècle, la chaudronnerie, la métallerie. Ces métiers ne subsistent plus à Nantes sous forme d’ateliers de production, mais ils continuent d’être pratiqués dans un cadre associatif — notamment par La Cale 2 l’Île, créée en 1989 et installée au hangar 31, quai des Antilles, qui restaure des bateaux du patrimoine maritime et fluvial et forme ses adhérents aux gestes de la charpente traditionnelle.
Se former aux métiers d’art à Nantes
L’offre nantaise est réelle mais concentrée sur quelques spécialités. Il faut le savoir avant de s’engager : certaines disciplines très demandées, comme la céramique, le verre ou la bijouterie, ne disposent d’aucune formation initiale diplômante en Loire-Atlantique. On les apprend en atelier, en stage, ou en partant ailleurs.
- CMA Formation Nantes (place Jacques Chesné, Sainte-Luce-sur-Loire) prépare en apprentissage aux métiers d’ébéniste, tapissier d’ameublement — en siège comme en décor — et vitrailliste. C’est la porte d’entrée principale.
- Lycée professionnel Les Savarières (Saint-Sébastien-sur-Loire) : CAP et BMA horlogerie. Une filière rare, et la seule du genre dans le département.
- Lycée professionnel Louis-Antoine de Bougainville (Nantes) : bac professionnel artisanat et métiers d’art, option tapissier d’ameublement.
- Compagnons du Devoir, maison de Nantes, 48 quai de Malakoff : formations en alternance, portes ouvertes deux fois par an. À ne pas confondre avec les Compagnons du Tour de France, structure distincte également présente dans l’agglomération.
- Lycée Eugène Livet (Nantes) : bac STD2A, DN MADe mention Espace et DSAA — orientation design plutôt que métier d’art à proprement parler.
Une précision utile, parce que la confusion est fréquente : l’École des beaux-arts Nantes Saint-Nazaire délivre un DNA et un DNSEP, qui sont des diplômes d’art, pas des diplômes de métiers d’art. Elle forme des artistes, pas des artisans — même si ses ateliers participent au pôle des arts du feu.
Le détail des écoles, des cursus et des passerelles est développé dans notre page dédiée : formation artisanat d’art à Nantes. Pour comparer avec l’offre nationale, voir notre panorama des formations aux métiers d’art.
S’installer comme artisan d’art à Nantes
Trois éléments jouent en faveur de Nantes pour une installation. D’abord le foncier collectif : entre ICI Nantes, la cour Brocéliande, La Fourmilière et Stütz, il est possible de démarrer avec un poste de travail équipé plutôt qu’un bail commercial. Ensuite l’accompagnement : la mission Pays de la Loire – Métiers d’art, portée conjointement par le conseil régional et la chambre régionale de métiers et de l’artisanat, structure son action autour de quatre univers — patrimoine, habitat et décoration, mode, facture instrumentale — et tient l’annuaire régional des professionnels. Enfin le public : une métropole d’un peu plus de 700 000 habitants, avec une forte culture de la sortie et du marché.
Les démarches — statut, immatriculation au registre national des entreprises, conditions d’usage de l’appellation « artisan d’art » — sont détaillées dans notre guide : devenir artisan d’art à Nantes. Si vous venez d’un autre secteur, voir aussi notre dossier reconversion vers un métier d’art.
Les rendez-vous de l’année
Le festival de la céramique de Nantes se tient place Graslin, le premier week-end de juin, depuis 2023. Il est organisé par l’association Histoires d’Argile et l’entrée est libre. Programme, exposants et dates : festival de la céramique de Nantes.
Les Journées européennes des métiers d’art ont lieu au printemps et sont coordonnées en Pays de la Loire par le pôle métiers d’art de la chambre régionale de métiers et de l’artisanat. C’est le moment de l’année où le plus grand nombre d’ateliers nantais ouvrent leurs portes — y compris ceux qui ne reçoivent pas le reste du temps.
S’y ajoutent le salon de la création – métiers d’art organisé de longue date par la chambre de métiers à la Cité des Congrès, et plusieurs marchés de potiers dans le département, dont celui d’Herbignac, qui a fêté sa vingt-cinquième édition en 2026. Les dates changeant chaque année, vérifiez-les auprès des organisateurs — notre agenda des métiers d’art recense les principaux rendez-vous.
Le Quartier de la création : ce qu’il est, et ce qu’il n’est pas
Une mise au point, parce que la confusion est partout. Le Quartier de la création, sur l’île de Nantes, est régulièrement présenté comme le quartier des artisans d’art nantais. Il ne l’est pas. Piloté par la Samoa, il rassemble les industries culturelles et créatives : l’École de design Nantes Atlantique, l’école nationale supérieure d’architecture, le pôle des arts graphiques, l’École des beaux-arts, des studios d’audiovisuel, La Fabrique pour les musiques actuelles — plus de 3 000 emplois et 7 500 étudiants des filières créatives.
C’est un écosystème voisin des métiers d’art, avec lequel les artisans travaillent volontiers — un designer a besoin d’un prototypiste, un scénographe d’un métallier. Mais si vous cherchez un ébéniste, un vitrailliste ou un céramiste, ce n’est pas là qu’il faut aller : c’est à Mellinet.
Questions fréquentes
Combien y a-t-il d’artisans d’art à Nantes ?
Il n’existe pas de décompte public fiable à l’échelle de la ville. L’annuaire de la mission Pays de la Loire – Métiers d’art recense les professionnels de la région ; l’association Métiers d’art sur Loire en fédère une vingtaine en Loire-Atlantique et Maine-et-Loire. Les ordres de grandeur circulant sur le web ne reposent sur aucune source vérifiable.
Peut-on apprendre la céramique à Nantes ?
En pratique amateur et en stage, oui, largement — plusieurs ateliers proposent des cours. En formation initiale diplômante, non : aucun CAP ni BMA de céramique n’est dispensé en Loire-Atlantique. Le pôle des arts du feu de Mellinet change la donne côté production et pratique collective, mais ce n’est pas un centre de formation diplômant.
Quel est le métier d’art le mieux implanté à Nantes ?
Si l’on s’en tient aux formations existantes, ce sont l’ébénisterie, la tapisserie d’ameublement et le vitrail, tous trois enseignés en apprentissage par la chambre de métiers, auxquels s’ajoute l’horlogerie aux Savarières. Ce sont les filières où l’on trouve le plus facilement un maître d’apprentissage sur place.
Quand les ateliers nantais ouvrent-ils leurs portes ?
Principalement pendant les Journées européennes des métiers d’art, au printemps. Le reste de l’année, les lieux collectifs — Le 67, ICI Nantes, le pôle des arts du feu — sont les plus accessibles, généralement sur rendez-vous ou lors d’événements.
Pour les autres villes, consultez notre guide de l’artisanat d’art en France, région par région.
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