Le métier de ferronnier d’art fait partie de ces professions rares et précieuses qui conjuguent savoir-faire ancestral et créativité contemporaine. Artisans du métal, les ferronniers d’art façonnent le fer forgé pour créer des pièces uniques destinées à l’architecture, à la décoration ou encore à la restauration du patrimoine. En 2025, ce métier attire un intérêt croissant, tant pour sa valeur patrimoniale que pour ses débouchés dans des secteurs variés.
Dans cet article, nous explorerons l’histoire du métier de ferronnier d’art, les régions françaises emblématiques de cet artisanat, les formations disponibles, les salaires moyens, les débouchés professionnels, ainsi que les entreprises et organismes qui recrutent en 2025.
1. Historique du métier de ferronnier d’art
Les origines : un savoir-faire millénaire
L’histoire du ferronnier d’art remonte à l’Antiquité. Dès l’Âge du Fer, les civilisations méditerranéennes ont appris à forger le fer pour en faire des outils, des armes, puis des éléments décoratifs. Au Moyen Âge, la ferronnerie connaît un essor considérable avec la construction de cathédrales et de châteaux, nécessitant grilles, balustrades, heurtoirs, rampes et pentures.
C’est à la Renaissance que la ferronnerie s’impose comme un art à part entière, sous l’impulsion d’architectes et d’artisans qui mêlent technique et esthétique. Louis XIV, sensible aux arts décoratifs, fera appel à des ferronniers talentueux pour orner Versailles. Ce savoir-faire se transmet depuis de génération en génération.
Du XVIIIe siècle à aujourd’hui : un métier en mutation
Au XIXe siècle, la révolution industrielle transforme le métier. L’arrivée de la fonte et de l’acier modifie les pratiques. Toutefois, la ferronnerie d’art reste prisée dans l’architecture haussmannienne et les mouvements Art nouveau et Art déco. Des artistes comme Hector Guimard utilisent la ferronnerie pour concevoir les célèbres bouches de métro parisiennes.
Aujourd’hui, le ferronnier d’art allie tradition et innovation. Il utilise des outils modernes (découpe laser, logiciels 3D) tout en conservant les gestes ancestraux du forgeage à chaud, du martelage ou du rivetage.
2. Les villes françaises connues pour la ferronnerie d’art
La ferronnerie d’art est présente dans toute la France, mais certaines villes se distinguent par la richesse de leur patrimoine ou la concentration d’artisans et de formations spécialisées.
Paris
Capitale culturelle, Paris abrite de nombreux monuments ornés de ferronneries remarquables (balcons, grilles, rampes). On y trouve aussi des ateliers prestigieux et des salons dédiés aux métiers d’art.
Nancy
Berceau de l’Art nouveau, Nancy est célèbre pour les œuvres de Louis Majorelle et de l’École de Nancy, qui ont fait de la ferronnerie un art décoratif majeur. La ville abrite encore aujourd’hui des artisans spécialisés dans la restauration d’œuvres anciennes.
Toulouse
Toulouse conserve une tradition vivace de ferronnerie, notamment dans ses quartiers anciens. La région Occitanie soutient activement les métiers d’art et les formations dans ce domaine.
Saint-Étienne
Avec son passé industriel, Saint-Étienne est un centre important pour les métiers du métal. La ville accueille des formations spécialisées et des entreprises de ferronnerie d’art reconnues.
Perpignan
Moins connue, Perpignan n’en est pas moins un foyer actif de ferronniers d’art, notamment grâce à l’influence catalane et à la proximité de l’Espagne, où la tradition de la forge est très forte.
3. Le métier de ferronnier d’art en 2025
Missions principales
Le ferronnier d’art conçoit et réalise des pièces en fer forgé, sur mesure, destinées à :
- La décoration intérieure et extérieure : rampes, balustrades, luminaires, mobilier.
- L’architecture : grilles, portails, marquises, verrières.
- La restauration du patrimoine : reproduction de pièces anciennes pour monuments historiques.
Il peut travailler à partir de plans ou concevoir lui-même ses créations. Le métier nécessite une excellente maîtrise des outils manuels et des machines, mais aussi un sens artistique développé.
Compétences clés
- Maîtrise du travail du fer et des techniques de forge traditionnelle
- Lecture de plans techniques et aptitude au dessin
- Sens artistique et créativité
- Précision, rigueur, résistance physique
- Connaissances en histoire de l’art et du patrimoine (notamment pour la restauration)
4. Formations pour devenir ferronnier d’art
En 2025, plusieurs voies permettent de se former au métier de ferronnier d’art, allant du CAP au Bac+3.
Les diplômes professionnels
CAP Ferronnier d’art
- Formation de base accessible dès la 3e
- Durée : 2 ans
- Contenu : techniques de forge, dessin technique, travail des métaux
BMA (Brevet des Métiers d’Art) Ferronnerie d’art
- Accessible après un CAP
- Durée : 2 ans
- Approfondissement artistique et technique
DN MADE (Diplôme National des Métiers d’Art et du Design)
- Option « matériaux » ou « objet »
- Durée : 3 ans post-bac
- Idéal pour allier pratique artisanale et création contemporaine
Diplôme des Métiers d’Art (DMA)
- Remplacé par le DN MADE, mais certains établissements l’ont maintenu pour des spécialisations
Les écoles et organismes de formation
- École Boulle (Paris) : réputée pour ses formations en métiers d’art
- École de la Bonne Graine (Paris) : spécialisée en ferronnerie
- Institut de Formation aux Métiers de l’Artisanat (IFMA)
- Compagnons du Devoir : proposent une formation en alternance avec un tour de France
Formations pour adultes
De nombreux centres de formation continue (AFPA, GRETA, chambres de métiers) proposent des reconversions professionnelles dans la ferronnerie d’art.
5. Salaires et conditions de travail en 2025
Salaire moyen
Le salaire d’un ferronnier d’art varie selon l’expérience, la région et le statut (salarié ou indépendant).
- Débutant (CAP) : environ 1 650 € brut/mois
- Confirmé : entre 2 000 et 2 800 € brut/mois
- Artisan indépendant : revenus variables, parfois bien supérieurs selon la notoriété et la clientèle
- Ferronnier d’art de luxe ou d’exception : jusqu’à 4 000 € brut/mois ou plus
Conditions de travail
Le métier reste physiquement exigeant : le ferronnier travaille debout, dans des ateliers parfois bruyants, avec des outils lourds et à haute température. Toutefois, les évolutions techniques (manutention assistée, ergonomie, équipements de sécurité) rendent les conditions moins pénibles qu’autrefois.
6. Débouchés et perspectives en 2025
Un métier porteur dans la restauration du patrimoine
Avec la volonté croissante de restaurer les monuments historiques et les bâtiments anciens, la demande de ferronniers d’art compétents reste forte. Les chantiers patrimoniaux (églises, musées, châteaux) offrent des opportunités à long terme.
Un renouveau dans le design et l’architecture
La tendance à l’artisanat de luxe, au sur-mesure et aux matériaux durables relance l’intérêt pour les métiers d’art. Architectes, décorateurs et designers font appel aux ferronniers pour des créations contemporaines.
Une reconnaissance accrue
Le label “Entreprise du Patrimoine Vivant” (EPV) valorise les ateliers d’excellence. Ce soutien institutionnel, combiné à une sensibilisation accrue du grand public, attire une nouvelle génération vers ces métiers de passion.
7. Organismes et institutions de référence
Institut National des Métiers d’Art (INMA)
L’INMA soutient, valorise et développe les métiers d’art en France. Il organise chaque année les Journées Européennes des Métiers d’Art (JEMA).
Ateliers d’Art de France
Syndicat professionnel des artisans d’art, il regroupe plus de 6 000 professionnels. Il organise le Salon International du Patrimoine Culturel et la Biennale Révélations.
Fédération Compagnonnique des Métiers du Bâtiment (FCMB)
Propose un parcours d’excellence avec des formations itinérantes (tour de France).
Chambres de Métiers et de l’Artisanat (CMA)
Présentes dans chaque région, elles offrent des services de formation, d’accompagnement à la création d’entreprise, et de promotion des métiers d’art.
8. Entreprises et ateliers qui recrutent en 2025
Entreprises reconnues dans la ferronnerie d’art
- Ferronnerie d’Art Viano (Lyon) : spécialisée dans les réalisations contemporaines et la restauration
- Ateliers Saint-Jacques (Versailles) : fournisseur des monuments historiques
- Ateliers Brugier (Paris) : références dans les arts décoratifs
- Métallerie d’Art Soulet (Pyrénées) : ferronnerie d’exception pour châteaux et hôtels de luxe
- Ferronnerie Forge Avenir (Occitanie) : créations modernes sur-mesure
Domaines qui recrutent
- Bâtiments historiques / Monuments historiques
- Entreprises de BTP spécialisées dans la rénovation
- Architectes et décorateurs d’intérieur
- Manufactures d’art
- Collectivités territoriales et musées
Marché international
La reconnaissance du savoir-faire français en ferronnerie ouvre des débouchés à l’étranger, notamment dans les pays du Golfe, en Asie et aux États-Unis, où les artisans français sont très recherchés.
Conclusion
Le métier de ferronnier d’art est bien plus qu’un simple artisanat : c’est un pont entre l’histoire, l’art et l’innovation. En 2025, ce métier séduit à la fois les passionnés du patrimoine et les amateurs de création contemporaine. Avec des formations diversifiées, des débouchés solides, et une reconnaissance croissante des métiers d’art, la ferronnerie d’art offre des perspectives enthousiasmantes.
Qu’il s’agisse de restaurer les balcons d’un immeuble haussmannien ou de créer une sculpture design en métal, le ferronnier d’art façonne le fer avec passion, précision… et une bonne dose d’âme.
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