Le métier de métallier est un pilier de l’artisanat et de l’industrie. Alliant savoir-faire traditionnel et technologies modernes, le métallier conçoit, fabrique et installe des ouvrages métalliques variés allant des structures complexes aux éléments décoratifs. Le métier reste essentiel, en pleine évolution face aux nouveaux matériaux, à la demande en construction durable et à la rénovation du patrimoine.
Dans cet article, nous allons explorer l’histoire du métier de métallier, les régions françaises emblématiques, les débouchés actuels, les formations accessibles, les organismes de référence, ainsi que les secteurs qui recrutent.
Historique du métier de métallier
Le métier de métallier trouve ses origines dans les métiers de la forge et du fer battu, remontant à l’Antiquité. Dès l’époque romaine, les artisans travaillaient les métaux pour produire des armes, outils, portes ou grilles. Au Moyen Âge, le métallier était souvent assimilé au forgeron, réalisant des charnières, serrures ou grilles pour les églises et châteaux.
Avec la révolution industrielle du XIXe siècle, le métier évolue considérablement. L’usage de l’acier remplace progressivement le fer forgé, les outils se mécanisent, et l’artisan devient technicien — une substitution dont les conséquences mécaniques sont expliquées dans fer forgé, fer moulé, acier : ce que ces mots recouvrent. Le métallier devient alors un acteur central du bâtiment, des infrastructures urbaines, de la serrurerie et des structures métalliques. Sujet connexe à explorer : Sculpteur sur métal. Découvrez également notre article sur Chaudronnier d’art.
Cette filiation explique un autre nom du métier : avant de s’appeler métallier, l’artisan était le serrurier d’art, ou serrurier-ferronnier. Le mot ne renvoyait pas seulement au cylindre et à la clé : dès la Renaissance, la serrurerie devient un terrain d’ornement à part entière, avec ses heurtoirs, ses serrures à secret et ses clés ouvragées, où la mécanique et le décor sont travaillés dans la même pièce. C’est de cette branche que descend la métallerie fine d’aujourd’hui, et c’est pourquoi un même atelier peut aussi bien poser un garde-corps normalisé que reprendre une serrurerie ancienne sur un bâtiment protégé. Sur ces ouvrages, la couche sombre accumulée par le temps n’est pas de la saleté : comment se forme une patine, et pourquoi on la garde.
Aujourd’hui, le métallier est un professionnel polyvalent. Il travaille l’acier, l’inox, l’aluminium et d’autres alliages pour créer des éléments fonctionnels ou décoratifs : escaliers, balustrades, vérandas, garde-corps, portes métalliques, grilles, portails, cloisons, charpentes métalliques, etc. Les fers de cheminée d’un logement ancien relèvent du même vocabulaire : décrasser des chenets et une crémaillère sans les abîmer.
Villes françaises connues pour l’art du métal et des métalliers
Certaines villes françaises sont particulièrement réputées pour leur savoir-faire dans la métallurgie artisanale et industrielle. Voici quelques exemples notables :
1. Le Creusot (Bourgogne-Franche-Comté)
Ville emblématique de la métallurgie depuis le XIXe siècle, Le Creusot fut le berceau des grandes usines Schneider. Aujourd’hui, elle abrite encore de nombreuses entreprises du secteur et des centres de formation.
2. Saint-Étienne (Auvergne-Rhône-Alpes)
Ancienne capitale industrielle, Saint-Étienne possède une forte tradition dans la transformation du métal et le design industriel. De nombreux artisans et entreprises y perpétuent le métier de métallier.
3. Toulouse (Occitanie)
Connue pour son industrie aéronautique, Toulouse a également développé un tissu artisanal dynamique, notamment dans la fabrication de structures métalliques sur mesure.
4. Nancy et la Lorraine
Région fortement marquée par l’exploitation du fer et la métallurgie, la Lorraine continue de former des métalliers qualifiés et accueille plusieurs entreprises spécialisées.
5. Paris et l’Île-de-France
La capitale regorge de monuments et bâtiments historiques nécessitant des travaux de métallerie d’art, ce qui soutient une activité artisanale soutenue, notamment en rénovation du patrimoine.
Le métier de métallier aujourd’hui
Le métallier travaille dans plusieurs domaines :
- Bâtiment : fabrication et pose de structures métalliques pour le gros œuvre ou la décoration intérieure/extérieure.
- Serrurerie : création de systèmes de fermeture (portes, portails, rideaux métalliques, grilles, etc.).
- Métallerie fine : éléments décoratifs sur mesure (escaliers design, mobilier, rampes, œuvres d’art) — pour une commande de particulier, le déroulé est décrit dans faire forger une rampe, un portail ou une grille sur mesure.
- Industrie : conception de pièces mécaniques, d’outils et d’équipements métalliques.
Compétences requises
- Lecture de plans techniques
- Maîtrise du dessin industriel
- Connaissance des métaux et de leurs propriétés, et de ce que la chauffe leur fait : recuit, trempe et revenu ne se rattrapent pas après coup
- Soudure, découpe, pliage, cintrage
- Utilisation de logiciels DAO/CAO (AutoCAD, SolidWorks)
- Sens de la précision, de l’esthétique et de la sécurité
- Notions d’histoire de l’art et de styles architecturaux, indispensables dès qu’on intervient sur de l’ancien, ne serait-ce que pour distinguer une pièce réellement forgée d’une pièce industrielle
- Gestion de chantier et présentation du travail (photos de réalisations, site vitrine), déterminantes pour l’artisan qui vend du sur-mesure
Débouchés et perspectives d’emploi
Le marché du travail des métalliers est porteur, et l’ensemble du secteur le décrit ainsi. Nous n’avons pas trouvé de statistique publique chiffrant précisément la tension sur ce métier : les raisons avancées ci-dessous sont celles que donnent les organisations professionnelles, pas des données mesurées. Plusieurs raisons expliquent cette dynamique :
- Reconstruction et rénovation énergétique : la métallerie est indispensable pour rénover ou construire des bâtiments économes en énergie.
- Départs en retraite massifs : le métier souffre d’un déficit de main-d’œuvre qualifiée, ce qui favorise l’embauche.
- Demande en sur-mesure : les particuliers recherchent de plus en plus des éléments métalliques esthétiques et personnalisés.
Les débouchés concernent :
- Les PME de métallerie/serrurerie
- Les entreprises du BTP
- Les artisans indépendants
- Les entreprises industrielles (mécanique, aéronautique, ferroviaire)
- Les collectivités locales et territoriales (rénovation patrimoniale), avec les contraintes propres à la restauration d’une ferronnerie ancienne
Formations pour devenir métallier
Plusieurs formations permettent d’accéder au métier, à différents niveaux :
Niveau CAP
- CAP Métallier : formation de base pour apprendre les gestes professionnels et les techniques de fabrication.
- L’ancien CAP Serrurier-métallier n’existe plus : sa fiche RNCP 872 est inactive depuis le 31 août 2022, dernière session d’examen en 2022. Il a été remplacé par le CAP Métallier ci-dessus. Si une formation vous est proposée sous cet intitulé, demandez la référence RNCP exacte avant de vous inscrire.
Niveau Bac
- Bac Pro Ouvrages du bâtiment : métallerie
- Bac Pro Technicien en chaudronnerie industrielle (TCI)
Niveau post-bac
- BTS Architectures en métal : conception et réalisation — c’est le nom actuel de l’ancien BTS Constructions métalliques, que l’on trouve encore sous son ancien intitulé dans de nombreux contenus.
- BTS Enveloppe du bâtiment (en lien avec la métallerie)
Autres formations
- Certificat de spécialisation, par exemple en soudage. Ce diplôme s’appelait « mention complémentaire » jusqu’au décret n° 2023-824 du 25 août 2023, qui en a changé l’intitulé sans en changer le contenu.
- Titres professionnels délivrés par des organismes comme l’AFPA ou le GRETA
- Formation continue ou reconversion professionnelle pour adultes
Apprentissage
Le métier de métallier se prête parfaitement à l’apprentissage en alternance. Cela permet d’acquérir une expérience concrète tout en étudiant. Les contrats d’apprentissage sont particulièrement valorisés dans ce secteur.
Organismes de référence
Voici les principaux organismes reconnus pour la formation et la promotion du métier de métallier :
AFPA (Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes)
Propose des titres professionnels de métallier, serrurier-métallier, soudeur, etc.
GRETA
Groupement d’établissements publics de formation pour adultes, présent dans toute la France.
Compagnons du Devoir
Offrent une formation d’excellence dans les métiers du métal, avec un tour de France et des stages à l’étranger.
Chambre des Métiers et de l’Artisanat (CMA)
Renseigne sur les formations disponibles dans chaque région, les aides, l’apprentissage et l’installation en tant qu’artisan.
Fédération Française du Bâtiment (FFB) et Union des Métalliers
Deux institutions engagées dans la valorisation du métier, l’accompagnement des professionnels et la veille technique.
Les employeurs qui recrutent des métalliers
Le besoin en main-d’œuvre est croissant dans le secteur. Les recrutements se répartissent entre quelques grandes familles d’employeurs, qu’il vaut mieux connaître avant de postuler ou de s’installer.
PME spécialisées
Les petites entreprises locales de métallerie et de serrurerie embauchent en neuf comme en rénovation. C’est le premier employeur du métier, et celui où l’on touche à tout : relevé chez le client, fabrication en atelier, pose sur chantier.
Construction métallique et industrie
Les groupes de construction métallique et de charpente, ainsi que les donneurs d’ordre industriels de l’aéronautique, du ferroviaire et du naval, recrutent sur des profils voisins — davantage tournés vers la série, la soudure certifiée et la lecture de plans que vers l’ouvrage unique. Le passage d’un monde à l’autre est fréquent dans une carrière, dans les deux sens.
Fonction publique territoriale
Les collectivités embauchent pour la restauration de monuments, l’entretien des bâtiments publics ou la voirie.
Artisanat et entrepreneuriat
De nombreux jeunes métalliers choisissent de se mettre à leur compte après quelques années d’expérience. Le marché du sur-mesure est porteur, notamment en zone urbaine.
Comment le métier évolue
Le métier continue d’évoluer grâce à plusieurs facteurs :
- Numérisation : logiciels de DAO, machines à commande numérique
- Nouveaux matériaux : aluminium thermolaqué, inox, composites
- Demande croissante en design : collaboration avec architectes, designers d’intérieur
- Construction écologique : choix de matériaux durables, recyclage
- Polyvalence attendue : soudure, pose, menuiserie métallique, etc.
Les perspectives sont donc positives, à condition de s’adapter continuellement aux innovations techniques.
Conclusion
Métier de passion, le métallier est à la croisée de l’artisanat, de l’architecture et de l’industrie — l’une des branches de la grande famille des métiers d’art du métal. Ce professionnel est recherché pour son savoir-faire et sa capacité à répondre à des demandes sur mesure. De nombreuses formations permettent d’y accéder. Nous ne publions pas de fourchette de salaire pour ce métier : les écarts entre l’atelier artisanal, la construction métallique industrielle et l’installation à son compte sont trop larges pour qu’un chiffre unique veuille dire quelque chose, et nous n’avons pas trouvé de source publique qui les distingue. Pour un ordre de grandeur actualisé, la fiche métier de France Travail reste la référence la plus fiable.
Que ce soit en entreprise ou à son compte, le métallier a devant lui un avenir durable, tant pour la construction neuve que pour la rénovation du patrimoine. Si vous aimez travailler de vos mains, créer, transformer le métal et voir vos œuvres s’inscrire dans le paysage urbain, ce métier est fait pour vous.
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