Une assise cannée qui s’est distendue puis rompue met souvent la chaise au grenier pour vingt ans. C’est dommage, parce que selon la technique employée à l’origine, la réfection est soit un travail d’une heure à la portée d’un amateur soigneux, soit huit à douze heures de tissage patient. Tout dépend d’un détail que l’on peut vérifier en retournant la chaise.
Cannage ou paillage : ce ne sont pas les mêmes assises
La confusion est constante, y compris chez les vendeurs. Le cannage est un tressage de fines lanières d’écorce de rotin, à travers des trous percés ou en nappe posée dans une rainure. Le résultat est plat et ajouré : on voit à travers.
Le paillage, ou rempaillage, garnit l’assise avec de la paille de seigle, du jonc, de l’herbe des marais, du sisal, du raphia, du chanvre ou une cordelette, torsadés et enroulés autour des traverses du siège. Il n’y a aucun trou, et l’assise est rembourrée, pas ajourée. Le repère visuel est imparable : un siège paillé montre quatre triangles en forme de rabats d’enveloppe qui se rejoignent au centre.
Les deux relèvent du même métier — le canneur-rempailleur — mais pas du même geste, ni de la même matière, ni du même prix. Cet article traite du cannage.
Trous ou rainure : identifier ce que vous avez
Retournez la chaise. C’est le dessous qui parle.
| Indice | Cannage à la main (six brins) | Cannage en feuille (dit « mécanique ») |
|---|---|---|
| Bâti | Trous percés sur tout le pourtour de l’assise | Rainure continue fraisée sur le pourtour |
| Dessous du siège | Passages de brins, nœuds visibles, petites boucles | Lisse, rien à voir |
| Fixation | Les brins traversent les trous ; une éclisse collée masque le perçage | Nappe pré-tissée enfoncée dans la gorge, bloquée par une baguette de moelle de rotin collée |
| Aspect | Tissage main, motif un peu vivant | Nappe tissée mécaniquement, d’une régularité parfaite |
Le cannage à la main dit « à six brins » se compose de deux brins verticaux, deux horizontaux, puis un brin dans chacune des deux diagonales — d’où le motif régulier que les uns appellent octogones, les autres losanges, d’autres encore hexagones. C’est le même tissage ; le vocabulaire géométrique flotte selon les ateliers, et il ne faut pas s’y arrêter.
Sur la datation, une seule chose est sourcée : la canne pré-tissée en nappe apparaît dans les années 1870. On en déduit volontiers que tout siège antérieur est canné main, et c’est souvent vrai en pratique — mobilier de style, sièges Louis XV, Louis XVI, Directoire, chaises de bistrot anciennes. Mais aucune source ne pose de règle de datation par modèle, et la seule certitude reste ce que vous voyez sous la chaise.
Ce qui est à votre portée, et le temps que ça prend
Le cannage en feuille est accessible. Une professionnelle américaine du siège tressé chiffre le chantier à environ une heure du début à la fin — auxquelles il faut ajouter au moins trois jours de séchage avant de s’asseoir dessus. C’est le projet à conseiller à qui veut essayer.
Le cannage à la main est un autre monde, et il ne faut pas l’édulcorer. Un fabricant français de chaises cannées, en activité depuis 1885, annonce huit à douze heures de travail pour tisser une assise ordinaire, certaines pièces dépassant les cent heures. Ce n’est pas hors de portée d’un amateur méthodique, mais ce n’est pas un après-midi.
Pour un premier essai à la main : choisissez un tabouret carré ou une assise trapézoïdale de moins de 72 trous, et évitez les assises rondes ou en fer à cheval, qui sont les plus difficiles. Le témoignage le plus utile que nous ayons lu vient d’un amateur ayant publié son pas-à-pas : il reconnaît avoir dû défaire au moins une fois chacune des trois étapes, par précipitation. C’est probablement la description la plus fidèle d’un premier cannage.
Choisir le brin : c’est l’entraxe qui commande
Le rotin de cannage est l’écorce d’un palmier grimpant du genre Calamus, originaire d’Asie du Sud-Est. Les brins se vendent en largeurs comprises entre 1,6 et 4 mm environ, en longueurs de 1,5 à 4 m.
Le choix de la largeur n’est pas affaire de goût. On mesure l’entraxe des trous — la distance de centre à centre — ainsi que leur diamètre, et c’est cet entraxe qui commande le calibre du brin. Mesurez en plusieurs endroits du bâti : un perçage ancien n’est jamais parfaitement régulier, et une moyenne prise sur un seul côté vous fera acheter le mauvais brin.
Un piège d’achat mérite d’être signalé : les fournitures françaises sont exprimées en millimètres, les anglo-saxonnes en calibres numérotés de 1 à 6. Les deux systèmes ne se recouvrent pas. Nous ne publierons aucune table de conversion : nous n’en avons trouvé aucune qui fasse autorité, et une table de correspondance approximative se paie en brins inutilisables.
Le trempage : là où les professionnels ne s’accordent pas
C’est l’un des vrais désaccords du sujet, et il vaut mieux le montrer que le moyenner.
| Source | Matière | Durée préconisée |
|---|---|---|
| Atelier de cannage du Nord | brin | 3 à 10 minutes selon le brin |
| Professionnelle américaine du siège tressé | brin | environ 10 minutes, et jamais plus de 15 |
| Amateur expérimenté, pas-à-pas publié | brin | au moins 15 minutes, eau tiède |
| Fournisseur professionnel américain | brin | 20 à 30 minutes |
| Professionnelle américaine du siège tressé | feuille | 30 minutes à 4 heures, jusqu’à souplesse |
Les fourchettes se contredisent frontalement autour du seuil de quinze minutes : pour l’une c’est un plafond à ne pas dépasser, pour l’autre c’est un plancher. Une partie du désaccord vient d’une confusion facile à lever : le brin et la feuille ne se trempent pas pareil, la nappe tissée demandant beaucoup plus longtemps.
Ce sur quoi tout le monde s’accorde, en revanche, tient en trois points :
- Eau tiède, jamais bouillante.
- Jamais toute une nuit. Le sur-trempage est documenté par deux sources indépendantes : la canne grisaille et se dégrade, et c’est irréversible. Notez que les sources parlent de dégradation et de décoloration, pas de moisissure — nous ne reprendrons pas cette formule qu’on lit partout.
- On ne trempe pas un gros stock d’avance : on ré-humidifie à l’éponge en cours de travail quand les brins sèchent.
La règle qui sauve le bâti : tendu, pas serré
C’est le point technique le plus important de tout le sujet, et le plus contre-intuitif. On ne travaille pas la canne sèche pour deux raisons. La première est évidente : sèche, elle est cassante et se rompt au passage dans les trous. La seconde l’est beaucoup moins.
La canne est tissée mouillée et se rétracte en séchant. Elle se tend donc toute seule. D’où la règle : tirez chaque brin tendu, mais pas serré — il doit rester un peu de jeu. Si vous commencez trop serré, la rétraction au séchage ne casse pas seulement les brins : elle casse le bâti de la chaise. L’erreur numéro un du débutant n’est pas de bâcler, c’est de bien faire trop fort.
Quelques gestes qui vont avec : ne vrillez pas le brin dans ses passages sous le bâti ; gardez la face brillante et bombée toujours vers le haut ; maintenez l’espacement des verticaux régulier même sur un bâti courbe ; travaillez dans le sens naturel de la fibre pour éviter les accrocs ; bloquez la tension avec des chevilles à chaque passage. Et si le bâti a des arêtes vives sur ses trous, cassez-les légèrement : ce sont elles qui cisaillent les brins à l’usage.
Poser une feuille : tout se joue sur la baguette et sa colle
La nappe trempée se pose dans la gorge, puis on l’y bloque avec une baguette de moelle de rotin encollée. On presse la baguette avec le flanc d’un coin de bois et on tapote légèrement au marteau. Sur une assise ronde on fait le tour d’un seul tenant ; sur une assise trapézoïdale, on coupe les morceaux à 45°. Deux erreurs sont signalées par les professionnels : entamer au couteau le bord intérieur de la gorge — le cannage est alors fichu — et se couper la main.
Le choix de la colle fait l’objet d’un désaccord qu’il faut connaître. Une professionnelle américaine est catégorique : colle de peau, colle de poisson, ou toute colle blanche soluble à l’eau, et surtout pas de colle à bois jaune de menuisier ni de cyanoacrylate. Son motif n’est pas la solidité mais la réversibilité : la colle jaune ne se retire pas à la réfection suivante, et l’on condamne la gorge — donc la chaise. Un fournisseur professionnel, lui, se contente de « n’importe quelle colle blanche » pour un siège d’intérieur.
Les deux sont des professionnels. Mais un cannage se refait plusieurs fois dans la vie d’une chaise, et le critère de réversibilité tranche : ce que vous posez aujourd’hui, quelqu’un devra le retirer. C’est aussi la mise en garde des artisans français contre les poses « améliorées » à la colle forte, aux chevilles, aux agrafes ou aux clous, qui abîment durablement les meubles anciens.
Ne vernissez pas, ne peignez pas, ne teintez pas
Un cannage neuf n’a besoin d’aucune finition : l’écorce de rotin possède naturellement une face brillante protectrice, et c’est elle qu’on prend soin de garder vers le haut au tissage. La recouvrir revient à jeter cette protection.
Le grief est plus précis encore côté teinture : elle ne pénètre pas correctement, assèche la canne, la rend cassante et divise sa durée de vie par deux. Un cannage doit rester ouvert à l’air, ce qu’un scellement au polyuréthane lui interdit. Le cannage peint que l’on voit beaucoup en décoration n’est donc pas neutre : c’est un choix esthétique payé en années.
Une seule nuance, et elle est reconnue comme un compromis par la source qui l’avance : pour un siège canné exposé à l’extérieur, un vernis marin peut être appliqué contre la moisissure — en sachant que la canne se dessèche, devient cassante, et que le vernis adhère mal et finit par s’écailler. En intérieur, la réponse reste non.
Retendre un cannage détendu : ça marche, sous conditions
L’astuce circule partout sous une forme courte et fausse : « mouillez votre cannage, ça repart ». La pratique est réelle — elle découle directement de la rétraction au séchage — mais elle n’est vraie qu’encadrée, et ce sont précisément les conditions que les sites d’astuces omettent.
La méthode : retourner la chaise, poser un linge chaud et humide sur l’envers de l’assise, ou vaporiser abondamment à l’eau tiède, puis laisser sécher.
- Séchage naturel, toute une nuit. Pas de sèche-cheveux, pas de radiateur : la chaleur forcée dessèche et fend les brins.
- Ne pas s’asseoir avant séchage complet — au moins 48 heures.
- Ça ne fonctionne que sur un cannage jeune, particulièrement dans ses cinq premières années, et à condition d’être pratiqué régulièrement.
- Ça ne fonctionne pas si des brins sont déjà cassés. Là, ce n’est plus de l’entretien, c’est une réfection — et mouiller un cannage ancien, sec et rompu ne fera qu’ajouter des ruptures.
Pour mémoire, l’humidification contrôlée est aussi employée en conservation muséale pour redonner de la souplesse à un cannage ancien avant réalignement des brins — mais en atelier, avec des membranes techniques et une hygrométrie maîtrisée. Ce n’est pas le linge humide du dimanche.
Faire durer un cannage
Ce qui le tue lentement, c’est le climat. Un musée américain qui conserve des sièges cannés le formule sans ambiguïté : les variations de température et d’humidité rendent la canne cassante et provoquent les ruptures, et l’accumulation de poussière accélère la dégradation. Concrètement : pas de soleil direct, pas de bouche de chauffage à proximité, pas d’air trop sec en hiver, et pas de cave ni de local sans circulation d’air.
Ce qui le casse d’un coup, c’est la charge ponctuelle. On ne s’agenouille pas, on ne monte pas debout sur une assise cannée : un poids concentré sur un genou ou un pied rompt les brins là où une assise répartie ne leur fait rien.
Pour le nettoyage, un dépoussiérage régulier fait l’essentiel. Au-delà, de l’eau tiède à peine savonneuse au savon doux, chiffon souple ou brosse souple, rinçage et séchage naturel. Quant à la durée de vie, les chiffres avancés vont d’une dizaine d’années à vingt-cinq ans pour un cannage main bien entretenu : c’est un ordre de grandeur, pas une promesse.
Combien coûte un recannage
Comme pour beaucoup de métiers d’art, presque tous les ateliers travaillent sur devis, parce que le prix dépend du type de siège, de la surface, de la forme et de la densité du perçage. Une seule grille française publique et datée a pu être consultée, celle d’un artisan canneur parisien, dans sa version de septembre 2024 :
| Prestation | Prix affiché |
|---|---|
| Cannage artisanal — assise de chaise | à partir de 220 € |
| Cannage artisanal — dossier de chaise | à partir de 180 € |
| Cannage artisanal — assise de fauteuil | à partir de 240 € |
| Cannage en feuille — assise ou dossier de chaise | à partir de 140 € |
| Cannage en feuille — assise ou dossier de fauteuil | à partir de 160 € |
L’écart entre les deux techniques y traduit exactement l’écart de temps de travail : une heure d’un côté, huit à douze de l’autre. Rapporté à l’heure, un cannage main à 220 € n’est pas cher.
Deux précisions d’honnêteté. Ces prix sont ceux d’un atelier à une date donnée, pas un tarif de marché : il n’existe en France ni prix moyen, ni fourchette syndicale, ni observatoire des prix du cannage. Et le fameux « prix au trou », souvent évoqué, n’a été retrouvé comme mode de calcul que dans une source américaine ; aucun barème français au trou n’a pu être vérifié, et nous n’en inventerons pas.
Un métier d’art qui tient à peu de choses
Le canneur-rempailleur figure à la liste officielle des métiers d’art fixée par l’arrêté du 24 décembre 2015, dans le domaine « Ameublement et décoration », avec une définition qui recouvre les deux techniques : garnir les plateaux d’assise avec du rotin pour le cannage, de la paille, du jonc ou du raphia pour le paillage.
Le diplôme dédié existe : le CAP Cannage-paillage en ameublement, deux ans après la troisième, qui couvre l’histoire du travail de la canne et des styles de sièges, le travail des fibres naturelles, les méthodes de réparation et les finitions.
Et voici le chiffre qui dit tout de l’état du métier. Selon la fiche Onisep de ce diplôme consultée en août 2026, un seul établissement en France le prépare : un établissement régional d’enseignement adapté pour déficients visuels, en région lyonnaise. Le parcours et les débouchés sont détaillés dans notre fiche devenir canneur-rempailleur. La même fiche Onisep qualifie le métier de « notablement rare », beaucoup d’entreprises de sièges ayant réorienté leur activité vers le montage et la finition. Nous écrivons « selon la fiche consultée en août 2026 » et non « il n’existe qu’une école, point » — une carte des formations évolue. Mais l’ordre de grandeur, lui, ne trompe pas.
C’est peut-être le meilleur argument pour apprendre à recanner soi-même une chaise de cuisine : non pas pour remplacer l’artisan, mais pour comprendre pourquoi son devis à 220 € est parfaitement raisonnable, et pourquoi il n’y en aura peut-être plus beaucoup.
Questions fréquentes
Comment savoir si ma chaise est cannée main ou en feuille ?
Retournez-la. Des trous percés tout autour de l’assise, avec des passages de brins et des nœuds visibles dessous, signifient un cannage à la main. Une rainure continue fraisée sur le pourtour et un dessous parfaitement lisse signifient une nappe pré-tissée posée en gorge et bloquée par une baguette.
Peut-on recanner une chaise soi-même ?
Oui pour le cannage en feuille : environ une heure de travail, plus au moins trois jours de séchage avant de s’asseoir. Le cannage à la main demande huit à douze heures pour une assise ordinaire. Pour un premier essai à la main, choisissez un tabouret carré ou une assise trapézoïdale de moins de 72 trous et évitez les formes rondes.
Combien de temps faut-il faire tremper le rotin ?
Les professionnels ne s’accordent pas : de 3 à 10 minutes pour les uns, une dizaine sans jamais dépasser 15 pour d’autres, au moins 15 ou même 20 à 30 minutes ailleurs. Une partie du désaccord vient de la confusion entre le brin et la nappe, qui se trempe beaucoup plus longtemps, de 30 minutes à 4 heures. Le consensus réel : eau tiède, et jamais toute une nuit — la canne sur-trempée grisaille irréversiblement.
Faut-il tendre les brins au maximum ?
Non, et c’est l’erreur numéro un. La canne est tissée mouillée et se rétracte en séchant : elle se tend toute seule. Il faut tirer chaque brin tendu mais pas serré, en laissant un peu de jeu. Un tissage commencé trop serré ne casse pas seulement les brins au séchage : il casse le bâti de la chaise.
Peut-on retendre un cannage détendu en le mouillant ?
Oui, mais sous conditions strictes. Linge chaud et humide sur l’envers de l’assise, séchage naturel toute une nuit sans sèche-cheveux ni radiateur, et pas d’usage avant 48 heures. Cela ne fonctionne que sur un cannage encore jeune, surtout dans ses cinq premières années, et pas du tout si des brins sont déjà cassés — dans ce cas c’est une réfection.
Peut-on peindre ou vernir un cannage ?
C’est déconseillé. L’écorce de rotin a naturellement une face brillante protectrice, qu’une finition recouvre inutilement. La teinture pénètre mal, assèche la canne, la rend cassante et divise sa durée de vie par deux ; un cannage doit rester ouvert à l’air. Le cannage peint que l’on voit en décoration est un choix esthétique payé en années.
Combien coûte le recannage d’une chaise ?
La plupart des ateliers travaillent sur devis. La seule grille française publique et datée que nous ayons trouvée, celle d’un artisan canneur parisien en septembre 2024, affiche un cannage artisanal d’assise de chaise à partir de 220 € et un cannage en feuille à partir de 140 €. Aucun prix moyen national n’existe, et aucun barème français « au trou » n’a pu être vérifié.
En résumé
- Trous percés et nœuds dessous = cannage main. Rainure et dessous lisse = feuille.
- Feuille : environ une heure, plus trois jours de séchage. Main : huit à douze heures.
- C’est l’entraxe des trous qui commande le calibre du brin, mesuré en plusieurs endroits.
- Eau tiède, jamais toute la nuit : la canne sur-trempée grisaille sans retour.
- Tendu, pas serré : la canne se rétracte en séchant et peut casser le bâti.
- Colle réversible pour la baguette. Jamais de colle jaune ni de cyanoacrylate.
- Ni vernis, ni peinture, ni teinture en intérieur.
- Retendre par humidification : oui, sur un cannage jeune, séchage naturel, 48 h sans s’asseoir.
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