Dix métiers d’art, dix matières à transformer : la terre, le tissu, le bois, le verre, le fer, la laine, le papier, le fil et la pierre. Pour chacun, voici l’essentiel : ce que fait l’artisan, le geste qui distingue son métier et la fiche détaillée pour aller plus loin. La liste officielle des métiers d’art en compte bien davantage : 281, que nous détaillons sur la page Les 281 métiers d’art.
La poterie
La poterie compte parmi les plus anciens savoir-faire humains. Le potier centre la terre sur le tour, monte la pièce, puis la reprend à consistance cuir pour la tournasser, c’est-à-dire affiner le pied et les parois. Ses pièces sont surtout utilitaires : bols, pichets, plats. Après séchage, elles passent au four, à une température qui dépend de la terre : au plus vers 1 100 °C pour la faïence, entre 1 200 et 1 300 °C pour le grès.
La couture sur mesure
L’appellation « haute couture » est protégée : elle est réservée aux maisons agréées par le ministre de l’Industrie, en application d’un décret du 23 janvier 1945. Hors de ce cercle, couturiers et tailleurs indépendants travaillent sur mesure : prise de mesures, patronage, toile d’essai, essayages successifs, puis finitions à la main. C’est ce dialogue avec le client, essayage après essayage, qui distingue la pièce sur mesure du prêt-à-porter.
La sculpture sur bois
Le sculpteur sur bois dégrossit d’abord son bloc, puis affine la forme à la gouge et au ciseau, frappés au maillet ou poussés à la main. Le choix de l’essence compte : un bois tendre et homogène comme le tilleul se prête aux détails fins, le chêne demande plus d’effort mais résiste mieux. Le métier va de l’ornement de mobilier à la sculpture d’art, en passant par la restauration.
Le vitrail

Le vitrailliste découpe des pièces de verre coloré d’après un carton dessiné grandeur nature, les peint au besoin à la grisaille fixée par cuisson, puis les assemble avec des baguettes de plomb soudées à l’étain. Présent dans les églises depuis le Moyen Âge, le vitrail orne aussi portes, impostes et verrières de maisons, et une bonne part du travail actuel relève de la restauration.
La ferronnerie d’art
Le ferronnier d’art chauffe le fer à la forge, puis le met en forme au marteau sur l’enclume : il l’étire, le refoule, le cintre ou le torsade. Aux assemblages traditionnels, rivets et colliers, s’ajoute aujourd’hui la soudure. Rampes, grilles, portails, luminaires : le métier travaille surtout pour l’architecture et la décoration, en création comme en restauration.
La tapisserie de lice
La tapisserie se tisse sur un métier de lice, d’après un modèle peint appelé carton. À la manufacture des Gobelins, à Paris, on tisse en haute lice, la chaîne tendue verticalement ; à la manufacture de Beauvais, en basse lice, la chaîne à l’horizontale. Le lissier passe les fils de trame colorés, en laine ou en soie, entre les fils de chaîne et construit l’image rang après rang. Ne pas confondre avec le tapissier, qui garnit et recouvre les sièges.
Le métier voisin : tapissier d’ameublement
La céramique : faïence, grès et porcelaine
Le mot céramique couvre toutes les terres cuites : faïence, grès, porcelaine. Le céramiste modèle, tourne ou coule la terre, puis l’émaille. La plupart des pièces passent deux fois au four : une première cuisson dite de biscuit, puis la cuisson d’émail. Cuits à haute température, le grès et la porcelaine se vitrifient : ils deviennent denses et peu poreux, d’où leur solidité au quotidien.
Le pliage de papier
L’origami, l’art du papier plié, s’est développé au Japon. L’artisan plieur travaille le plus souvent sans colle ni ciseaux : une feuille, puis une suite de plis précis, parfois des centaines, pour obtenir une forme géométrique ou une figure. Le choix du papier, son grammage et ses fibres, décide de ce que l’on peut plier.
La broderie d’art
Le brodeur d’art orne un tissu tendu sur un métier, à l’aiguille ou au crochet, avec des fils de soie, de coton, d’or ou d’argent, mais aussi des perles et des paillettes. Son travail sert la mode, l’ameublement et la création contemporaine ; à Paris, les maisons de couture font appel à des ateliers spécialisés.
La mosaïque
Le mosaïste compose une image ou un motif en assemblant de petits fragments taillés, les tesselles : pâte de verre, émail, marbre, pierre ou grès, fixés sur un support par un liant. Il dessine la composition, choisit chaque couleur et coupe chaque tesselle. Ses ouvrages vont du pavement et du décor mural aux tableaux et objets, sans oublier la restauration de mosaïques anciennes. À ne pas confondre avec le carreleur-mosaïste, métier du bâtiment.
Les 12 erreurs qui coûtent le plus cher aux artisans d’art
Douze erreurs précises, chacune vérifiée sur une source publique et datée : la qualité d’artisan d’art qui ne se gagne pas devant un jury, les 60 jours de l’ACRE, le mot « acompte » qu’il faut écrire, les 33 €/kg d’indemnisation d’un transporteur, le stage pour enfants qui bascule dans un régime déclaratif. Avec seize sources officielles pour tout vérifier vous-même.
Où voir ces métiers de près ?
Ces dix métiers ne sont qu’une entrée en matière : la liste officielle en compte 281, détaillés sur notre page Les 281 métiers d’art. Pour voir ces gestes en vrai, les Journées européennes des métiers d’art ouvrent chaque printemps les portes de nombreux ateliers.
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