Il n’existe pas un chiffre des métiers d’art en France, mais plusieurs, qui vont de 38 000 à 234 000 entreprises selon le périmètre retenu. Cette page rassemble les données publiques disponibles, indique pour chacune sa source, son année de référence et son périmètre, et signale les écarts que les sources officielles ne réconcilient pas. Dernière vérification : 23 septembre 2026.
Chaque chiffre publié ici a été lu sur la page de l’organisme qui le produit, et non repris d’un autre site. Pour chacun, nous indiquons l’organisme, l’année des données — qui n’est pas l’année de publication — et le périmètre couvert. Quand deux sources publiques se contredisent, nous donnons les deux et expliquons l’écart plutôt que de choisir la plus flatteuse. Ce que nous n’avons pas pu établir figure en fin de page, avec le nom de l’organisme capable de trancher.
Les sources retenues sont institutionnelles : Légifrance, la Direction générale des Entreprises, le ministère de l’Économie, l’Institut Supérieur des Métiers, l’Institut pour les savoir-faire français (ex-INMA), CMA France, le Comité Colbert, France Travail. Les données du secteur sont rares et souvent anciennes ; nous le signalons quand c’est le cas.
La définition des métiers d’art n’est pas une convention professionnelle : c’est un texte réglementaire. L’arrêté du 24 décembre 2015 fixant la liste des métiers d’art, pris en application de l’article 20 de la loi n° 96-603 du 5 juillet 1996, a été publié au Journal officiel n° 0026 du 31 janvier 2016 (NOR : EINI1509227A). Il abroge l’arrêté du 12 décembre 2003 qui le précédait.
Son article 1er tient en une phrase : « Les métiers qui figurent dans la liste annexée au présent arrêté sont dénommés « métiers d’art ». » C’est cette annexe qui fait foi. L’arrêté est toujours en vigueur au 23 septembre 2026 et n’a jamais été modifié depuis son entrée en application le 1er février 2016.
Nous avons compté l’annexe ligne par ligne. Elle contient :
On lit partout que la France compte 281 métiers d’art. La Direction générale des Entreprises l’écrit ainsi : « 198 métiers et 83 spécialités soit 281 activités au total ». Le chiffre est également repris par l’Institut pour les savoir-faire français, Ateliers d’Art de France et France Travail.
Notre comptage donne 198 métiers — identique — mais 93 spécialités, soit 291 entrées. L’écart de dix s’explique précisément : le domaine de la restauration comporte à lui seul 10 spécialités, et celles-ci ne désignent pas des métiers mais des catégories de supports sur lesquels intervient le restaurateur — « tableaux sur bois ou sur toile », « peinture murale », « papier peint », « estampes, dessins… », « horlogerie, orfèvrerie, bronzes », « terre cuite, faïence et porcelaine », et ainsi de suite. En les retirant, on obtient exactement 83 spécialités, et donc 281.
Autrement dit : le chiffre officiel de 281 est cohérent, à condition de savoir qu’il exclut les dix spécialités du domaine de la restauration. Aucune des sources qui le publient ne le précise. Si vous comptez l’annexe vous-même, vous trouverez 291.
| Domaine | Spécialités |
|---|---|
| Verre et cristal | 18 |
| Céramique | 14 |
| Textile | 14 |
| Restauration | 10 |
| Architecture et jardins | 7 |
| Bijouterie, joaillerie, orfèvrerie, horlogerie | 5 |
| Facture instrumentale | 5 |
| Papier, graphisme et impression | 5 |
| Ameublement et décoration | 4 |
| Cuir | 4 |
| Métal | 4 |
| Jeux, jouets et ouvrages mécaniques | 1 |
| Luminaire | 1 |
| Spectacle | 1 |
| Mode et accessoires | — |
| Tabletterie | — |
Source : arrêté du 24 décembre 2015, annexe. Comptage artisandart.fr, 23 septembre 2026.
L’arrêté prévoit par ailleurs deux effets juridiques concrets. Son article 2 inscrit les professionnels concernés dans la section « métiers d’art » du répertoire des métiers. Son article 3 crée le titre de maître artisan en métier d’art, attribué dans les mêmes conditions que le titre de maître artisan.
C’est la question sur laquelle il faut être le plus prudent. Les chiffres publics vont de 38 000 à 234 000, et l’écart ne traduit pas une croissance : il traduit des périmètres différents.
| Nombre | Périmètre | Année | Source |
|---|---|---|---|
| 234 000 | Métiers d’art et savoir-faire d’exception — inclut des métiers de haute technicité au-delà de la liste réglementaire | 2023 | Institut pour les savoir-faire français, étude « Les Éclaireurs » réalisée par Xerfi Specific |
| 120 000 | Métiers d’art et de création, champ artisanal | non précisée | Baromètre de l’artisanat ISM/MAAF, décembre 2024 |
| 87 000 | Périmètre NAF large, 38 codes, toutes tailles d’entreprises | 2017 | Institut Supérieur des Métiers, d’après INSEE |
| 69 000 | Périmètre NAFA, secteur artisanal uniquement | 2017 | Institut Supérieur des Métiers, d’après CMA France |
| 60 000 | Périmètre de la stratégie nationale métiers d’art | 2019 | Ministère de l’Économie |
| 51 000 | Périmètre NAF restreint, 32 codes | 2017 | Institut Supérieur des Métiers, d’après INSEE |
| 38 000 | « Ateliers d’art », périmètre professionnel | non précisée | Ateliers d’Art de France, étude 2016 |
Un point mérite d’être signalé. Le ministère de l’Économie annonçait « plus de 60 000 entreprises » en mai 2023, sur données 2019. La Direction générale des Entreprises écrit aujourd’hui « plus de 234 000 entreprises ». Aucune des deux pages n’explique le changement de périmètre. Ce n’est pas le secteur qui a quadruplé en quatre ans : c’est la façon de le mesurer qui a changé, avec l’étude « Les Éclaireurs » publiée en novembre 2024.
Si vous devez citer un seul chiffre, précisez toujours lequel et pourquoi. Pour parler du champ réglementaire des 281 activités, les périmètres de l’Institut Supérieur des Métiers (51 000 à 87 000, données 2017) sont les plus explicites méthodologiquement, mais ils ont neuf ans. Pour parler du poids économique au sens large, savoir-faire d’exception compris, c’est 234 000.
Ordre de grandeur utile : sur le périmètre NAF restreint, les métiers d’art représentaient 1 % du tissu marchand non agricole en 2017 (Institut Supérieur des Métiers, d’après INSEE). Le nombre d’entreprises y a progressé de 33 % entre 2005 et 2017.
| Donnée | Valeur | Année | Source |
|---|---|---|---|
| Actifs, périmètre élargi | 500 000 | 2023 | Institut pour les savoir-faire français / Xerfi Specific |
| dont salariés | 280 000 | 2023 | idem |
| Emplois salariés, périmètre ISM | 157 000 | 2017 | Institut Supérieur des Métiers, d’après ACOSS-URSSAF |
| Dirigeants non salariés | 45 000 | 2017 | Institut Supérieur des Métiers, d’après INSEE |
La dynamique est contrastée et c’est l’un des faits les mieux établis du secteur : sur la période 2009-2017, le nombre d’entreprises augmente pendant que l’emploi salarié recule — 25 000 emplois salariés perdus et 21 % d’établissements employeurs en moins, selon l’Institut Supérieur des Métiers. Le secteur se fragmente en très petites unités plutôt qu’il ne se contracte. Le Baromètre ISM/MAAF de décembre 2024 mesure ensuite une reprise de +4 % de l’emploi salarié entre 2017 et 2022.
| Donnée | Valeur | Année | Source |
|---|---|---|---|
| Chiffre d’affaires, périmètre élargi | 68 Md€ | 2023 | Institut pour les savoir-faire français / Xerfi Specific |
| dont export | 9 Md€, soit 14 % | 2023 | idem |
| Chiffre d’affaires, périmètre 2019 | 19 Md€ | 2019 | Ministère de l’Économie |
| dont export | 8 Md€ | 2019 | idem |
Le même écart de périmètre qu’au point 2 explique le passage de 19 à 68 milliards. À noter, une donnée qui surprend souvent : 60 % du chiffre d’affaires est réalisé sur le marché régional et 58 % des entreprises s’approvisionnent majoritairement en France (données 2023). Les métiers d’art sont une économie de proximité avant d’être une économie d’exportation — l’export très visible du luxe ne doit pas faire oublier la structure réelle du secteur.
Réserve de datation. La Fondation Bettencourt Schueller, co-financeur de l’étude, date ces chiffres de 2023. La Direction générale des Entreprises écrit « En 2024 ». L’étude ayant été publiée en novembre 2024, l’année 2023 nous paraît la plus probable pour les données, mais nous n’avons pas pu lire le rapport complet pour trancher.
Un chiffre qu’il faut regarder en face : en 2017, le revenu annuel moyen d’un micro-entrepreneur des métiers d’art s’établissait à 3 900 €, contre 21 740 € pour les autres indépendants (Institut Supérieur des Métiers, d’après INSEE). L’écart mesure surtout la part d’activités exercées en complément d’un autre revenu, mais il rappelle que le statut micro domine un secteur où il procure rarement un revenu principal.
C’est le point de tension majeur du secteur : une pyramide des âges défavorable, une transmission peu préparée, et un besoin de recrutement massif. À contre-courant, 38 % des salariés ont moins de 25 ans — le renouvellement existe, il n’est pas organisé.
Les données de formation les plus complètes datent de 2017 et proviennent de l’Institut Supérieur des Métiers, d’après la base Reflet du CEREQ.
Le fait le plus préoccupant concerne l’offre de diplômes elle-même : près de 140 spécialités de diplômes sont répertoriées, mais une cinquantaine n’a enregistré aucun candidat en 2016-2017. La moitié de l’offre certifiante tombe en désuétude faute de candidats. Selon les données 2023 reprises par la CMA Île-de-France, 39 % des métiers d’art ne disposent d’aucun diplôme et 63 % des entreprises n’ont pas recours à l’apprentissage.
Côté apprentissage, l’Institut pour les savoir-faire français recense « plus de 2 500 formations » et « plus de 1 000 établissements ou organismes de formation » en France.
Nuance de formulation : le chiffre de 81 % est présenté par l’Institut pour les savoir-faire français comme « hors de la région Île-de-France », et par la CMA Île-de-France comme « en dehors des grandes métropoles ». Ces deux périmètres ne se recouvrent pas ; la première formulation, émanant du producteur de l’étude, est celle à retenir.
Le label EPV, créé en 2005, distingue les entreprises détentrices d’un patrimoine économique et d’un savoir-faire rare. C’est le seul dispositif du secteur pour lequel des données récentes et régulières existent.
Le tourisme de savoir-faire progresse fortement : 4 000 entreprises ouvertes au public en 2024, soit un doublement en cinq ans, et 22 millions de visiteurs en 2024, en hausse de 30 % sur cinq ans (Direction générale des Entreprises, d’après l’Observatoire de la visite d’entreprise 2025).
Les Journées européennes des métiers d’art constituent le rendez-vous grand public de référence, avec 2 millions de visites et 6 000 événements recensés lors d’une édition récente. Retrouvez les prochaines dates dans notre agenda des métiers d’art.
Conformément à notre méthode, voici ce que nous n’avons pas pu vérifier, et qui peut le trancher.
Si vous disposez d’une donnée plus récente ou si vous repérez une erreur, écrivez-nous : nous corrigeons et nous le signalons.
Ces données sont librement citables. Nous vous demandons seulement de mentionner la source primaire — l’organisme producteur, indiqué pour chaque chiffre — et, si vous reprenez notre comptage de l’annexe de l’arrêté ou notre mise en regard des périmètres, de créditer artisandart.fr avec un lien vers cette page.
« Les métiers d’art en France en chiffres », artisandart.fr, mise à jour du 23 septembre 2026.
Cette page est mise à jour chaque année, et à chaque publication d’une donnée significative. Notre méthode de vérification est détaillée dans notre charte éditoriale.
Saisissez vos coordonnées ci-dessous pour enregistrer votre panier pour plus tard. Et qui sait, peut-être que nous vous enverrons un doux code de remise :)
Profitez de notre guide offert "Les 12 erreurs qui coûtent le plus cher aux artisans d’art".