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Campaniste : installer, entretenir et restaurer cloches et horloges

Le campaniste installe, entretient et restaure les cloches, leurs beffrois et les horloges d’édifice, souvent sur un patrimoine protégé. Voies d’accès, données vérifiées du secteur et points à contrôler avant de confier un clocher à une entreprise.
Cloches en bronze dans un clocher de cathédrale

Sommaire

Le campaniste est l’artisan qui conçoit, installe, restaure et entretient les cloches et les horloges d’édifice : la cloche suspendue, son joug, son battant, le beffroi de bois ou de métal qui la porte, le mécanisme qui la fait sonner et l’horloge qui commande les sonneries. Il travaille dans les clochers d’églises, les beffrois civils, les hôtels de ville et parfois sur des carillons.

Le campaniste ne coule pas les cloches : c’est le travail du fondeur de cloches, un autre métier d’art. Il ne répare pas non plus les montres et pendules d’appartement, qui relèvent de l’horloger. Son terrain, c’est tout ce qui se passe autour de la cloche une fois qu’elle est en place, et l’horlogerie à l’échelle d’un bâtiment. Le mot lui-même est récent : l’ONISEP indique que ce nom de métier a été officiellement adopté en 2008 (l’association Campanistes de France parle, elle, de 2007 ; date à vérifier sur la fiche ONISEP), pour une activité pourtant très ancienne.

Dans la nomenclature officielle des métiers d’art (arrêté du 24 décembre 2015), le métier figure sous l’intitulé « Campaniste », dans le domaine Architecture et jardins. Pour le situer parmi les autres, voyez le panorama des 281 métiers d’art. Cette page décrit le travail quotidien, les chantiers types, les métiers voisins, les voies d’accès (il n’existe pas de diplôme de campaniste), ce que l’on sait des revenus, puis ce qu’il faut vérifier avant de confier un clocher à une entreprise.

Ce que fait un campaniste au quotidien

La fiche ONISEP résume le métier en sept casquettes : charpentier, horloger, mécanicien, électromécanicien, électricien, électronicien et restaurateur du patrimoine. Dans la pratique, une journée type ressemble à ceci :

  • Monter dans le clocher et diagnostiquer. État du beffroi (la charpente qui porte les cloches), des jougs (la pièce de bois ou de métal à laquelle la cloche est suspendue), des battants, des axes et des paliers. Le campaniste repère les jeux, les fissures, l’usure à l’endroit où le battant frappe la cloche, la corrosion des ferrures.
  • Travailler le bois et le métal. Refaire ou consolider un beffroi, tailler un joug neuf, ajuster les ferrures, remplacer un battant. C’est la part « charpentier » et « mécanicien » du métier.
  • Motoriser et régler. Poser des moteurs de volée ou des tintements électriques (marteaux qui frappent la cloche immobile), régler la course et la force de frappe pour que la cloche sonne juste sans être abîmée.
  • Installer et entretenir l’horlogerie d’édifice. Cadrans, aiguilles, mouvements mécaniques anciens ou mouvements électriques, et le programmateur qui déclenche angélus, heures et sonneries de cérémonie.
  • Câbler et mettre en conformité. L’électrification du clocher, les armoires de commande, et souvent la protection contre la foudre : l’ONISEP cite l’installation de paratonnerres parmi les activités du métier.

Le travail se fait en hauteur, dans des espaces étroits, souvent froids, avec des charges lourdes à manipuler. Une bonne part du temps se passe sur la route, d’un clocher à l’autre, dans le cadre de contrats d’entretien.

Ce qu’un campaniste fabrique ou restaure aujourd’hui

Les commandes viennent surtout des communes. Elles sont, dans la plupart des cas, propriétaires des églises paroissiales construites avant 1905 et donc de leurs cloches et de leur horloge. Le reste vient des diocèses et affectataires, de l’État pour les cathédrales, de propriétaires de châteaux ou de chapelles privées, et des maîtres d’œuvre (architectes du patrimoine, architectes en chef des monuments historiques) sur les grands chantiers.

Les interventions types :

  • Contrat d’entretien annuel : visite, graissage, réglage des tintements et des volées, mise à l’heure, vérification de la sécurité du beffroi.
  • Dépannage : horloge arrêtée, cloche qui ne sonne plus, programmateur hors service après un orage.
  • Rénovation d’un ensemble campanaire : beffroi refait, jougs et battants neufs, remotorisation, nouvelle horloge.
  • Restauration patrimoniale : cloches, horloges anciennes ou beffrois protégés au titre des monuments historiques, sous contrôle des services de l’État.
  • Ajout ou remplacement d’une cloche : le campaniste dépose, transporte et remonte. La cloche neuve ou refondue est commandée à un fondeur.

Le patrimoine protégé est important. Le ministère de la Culture indique qu’au 1er mars 2021, la base Palissy recensait 7 436 cloches protégées au titre des monuments historiques (5 520 classées, 1 916 inscrites), ainsi que 181 sonneries, 38 carillons, 21 jacquemarts et 15 horloges. Pour ces objets, toute intervention suit les règles du Code du patrimoine. Un objet classé ne peut être modifié, réparé ou restauré qu’après autorisation administrative, et les travaux se font sous le contrôle scientifique et technique des services de l’État. Pour un objet inscrit, il faut une déclaration préalable deux mois avant le début des travaux.

Les métiers voisins, et comment ne pas les confondre

MétierCe qu’il faitDifférence avec le campaniste
Fondeur de clochesConçoit le profil de la cloche, réalise le moule, coule le bronze et accorde la cloche. Dans la liste des 281, c’est une spécialité du métier de fondeur, domaine Métal.Le fondeur fabrique la cloche ; le campaniste la suspend, la fait sonner et l’entretient. Un même chantier les réunit souvent.
HorlogerMonte, entretient et répare montres, pendules et réveils. Domaine Bijouterie, joaillerie, orfèvrerie et horlogerie.L’horloger travaille à l’établi sur des pièces de petite taille. Le campaniste installe et entretient les horloges d’édifice, dans le bâtiment.
CharpentierStructures bois du bâtiment : charpentes, ossatures, escaliers. Domaine Architecture et jardins.Un charpentier peut intervenir sur un clocher, mais le beffroi doit encaisser les efforts d’une cloche en volée : c’est un ouvrage spécifique, que le campaniste dimensionne avec le reste de l’installation.
Restaurateur de métalConservation-restauration d’objets métalliques, avec une spécialité horlogerie, orfèvrerie, bronzes. Domaine Restauration.Il intervient sur l’objet lui-même (surface, corrosion, lacunes), plutôt que sur son fonctionnement ou sa suspension.

Le carillonneur, lui, n’est pas un artisan : c’est le musicien qui joue du carillon. Et le sonneur de cloches à la main relève d’une pratique, inscrite à l’inventaire du patrimoine culturel immatériel du ministère de la Culture pour certaines formes de tintement manuel, pas d’un métier de fabrication.

Se former

Les diplômes : il n’existe pas de diplôme de campaniste

Aucun CAP, BMA, DMA ou DN MADE ne porte le nom de campaniste. L’ONISEP comme l’Institut pour les Savoir-Faire Français le disent clairement : les campanistes viennent de filières voisines et apprennent le cœur du métier en entreprise. L’ONISEP cite comme niveau minimum le CAP et nomme deux diplômes :

  • CAP Charpentier bois — RNCP41012, niveau 3, actif (Éducation nationale), pour les formations débutant à partir du 1er septembre 2025.
  • CAP Électricien — RNCP38401, niveau 3, actif (Éducation nationale), enregistré jusqu’au 31 décembre 2028.

Les filières électronique, électromécanique, électrotechnique et horlogerie sont aussi citées. Côté horlogerie, le CAP Horlogerie actuel est enregistré sous le numéro RNCP37896 (niveau 3, actif jusqu’au 31 août 2028) ; l’ancienne fiche RNCP5365 est inactive depuis le 31 août 2023. Ce CAP prépare à l’horlogerie de montres et pendules, pas à l’horlogerie d’édifice, mais il donne les bases de mécanique horlogère.

Écoles et centres

Nous n’avons trouvé aucun centre de formation, public ou consulaire, proposant un cursus de campaniste en France. Les CAP cités plus haut se préparent dans les lycées professionnels et les CFA, dont ceux des chambres de métiers. Pour savoir où, utilisez la recherche par diplôme de l’ONISEP.

Apprentissage, reconversion, VAE

L’entrée la plus courante est l’embauche dans une entreprise campanaire après un diplôme d’électricité, de mécanique ou de charpente, avec une formation sur le tas. L’ONISEP mentionne l’existence d’un groupement professionnel, le GIHEC (Groupement des installateurs d’horlogerie d’édifices et d’équipements campanaires), qui réunit des entreprises du secteur. Le CAP Électricien et le CAP Charpentier bois sont tous deux accessibles par apprentissage, par la formation continue et par la VAE, selon leurs fiches RNCP.

Pour une reconversion, le profil le plus direct est celui d’un électricien, d’un électromécanicien ou d’un charpentier qui aime le travail en hauteur et le patrimoine. Les étapes (bilan, financement, statut) sont détaillées dans notre guide de reconversion vers les métiers d’art.

Revenus et débouchés : ce qu’on peut dire

Pourquoi cette page ne donne aucun salaire

La fiche ONISEP du métier de campaniste (mise à jour du 3 mars 2026, consultée via sa diffusion Ideo) ne publie aucun salaire. Le métier n’a pas de code ROME propre : il est rattaché, d’après l’ONISEP, à la fiche B1604 (réparation et montage en systèmes horlogers), que nous n’avons pas pu consulter sur francetravail.fr et qui regroupe surtout des horlogers. Un portail régional d’orientation affiche une fourchette, mais elle est calculée sur de larges familles professionnelles (électriciens, ouvriers qualifiés de la mécanique) et non sur les campanistes. Plutôt que de publier un chiffre qui ne décrit pas ce métier, nous n’en donnons pas.

Ce que l’on sait du secteur

L’Institut pour les Savoir-Faire Français publie, sans date ni méthode indiquées, les ordres de grandeur suivants : environ 300 campanistes en France, une quarantaine d’entreprises, un chiffre d’affaires annuel de 25 millions d’euros et plus de 300 000 cloches sur le territoire. Prenez-les comme des repères, pas comme des statistiques, et vérifiez leur mise à jour sur la fiche de l’Institut. La même fiche avance 4 500 cloches classées, alors que le ministère de la Culture en comptait 5 520 en mars 2021 : le chiffre de l’Institut est donc plus ancien.

Ce qui ressort des sources : un secteur composé de petites entreprises artisanales, aux côtés de quelques entreprises plus grandes, avec une activité qui repose sur la maintenance régulière et les chantiers de restauration. Les débouchés sont salariés (technicien itinérant, chef d’équipe) ou indépendants. Pour la création d’entreprise et le statut, voyez le guide de l’artisan d’art.

Faire appel à un campaniste

Vous êtes maire, membre d’un conseil paroissial ou propriétaire d’une chapelle ? Faites venir un campaniste dans trois situations : une cloche ou une horloge ne fonctionne plus, un bruit ou un mouvement anormal apparaît dans le clocher, ou rien n’a été vérifié depuis plusieurs années.

Avant de signer un devis, vérifiez ces points :

  • Le statut des objets. Cherchez vos cloches, votre horloge et votre beffroi dans la base Palissy (plateforme POP du ministère de la Culture). S’ils sont classés ou inscrits, contactez d’abord le conservateur des antiquités et objets d’art (CAOA) de votre département : une autorisation ou une déclaration préalable est obligatoire.
  • Le détail du devis. Il doit distinguer le diagnostic, les pièces (joug, battant, moteur, programmateur), la main-d’œuvre, le levage et la mise en sécurité. Demandez ce qui est remplacé et ce qui est conservé.
  • Le contrat d’entretien. Fréquence des visites, ce qui est inclus, délai d’intervention en cas de panne.
  • Les références. Demandez des chantiers comparables, en particulier sur des objets protégés si c’est votre cas.
  • Les assurances. Attestation de responsabilité civile professionnelle et, le cas échéant pour les travaux touchant au bâti, de garantie décennale.

Sur la question des sonneries elles-mêmes (horaires, sonneries civiles), le campaniste règle la machine mais ne décide pas : selon la réponse du ministère de l’Intérieur à une question écrite au Sénat (2004), l’article 27 de la loi du 9 décembre 1905 confie au maire le soin de régler les sonneries par arrêté municipal.

Pour trouver un professionnel, consultez l’annuaire des artisans d’art, et pour d’autres conseils sur les objets anciens, notre rubrique entretenir et restaurer.

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Questions fréquentes

Quelle est la différence entre un campaniste et un fondeur de cloches ?

Le fondeur fabrique la cloche : moule, coulée du bronze, accord. Le campaniste installe la cloche, la suspend, la fait sonner, l’entretient, et s’occupe aussi des horloges d’édifice. Pour une cloche neuve, les deux interviennent l’un après l’autre.

Comment devenir campaniste ?

Il n’existe pas de diplôme spécifique. L’ONISEP indique un niveau CAP minimum et cite le CAP Charpentier bois et le CAP Électricien ; les filières électrotechnique, électromécanique et horlogerie sont aussi recherchées. Le métier s’apprend ensuite en entreprise.

Qui paie l’entretien des cloches d’une église ?

Pour les églises paroissiales construites avant 1905, la commune est en général propriétaire de l’édifice et de ses cloches, et assume donc l’entretien. Beaucoup de cathédrales appartiennent à l’État. Pour un cas précis, vérifiez le statut de propriété de l’édifice auprès de la mairie.

Combien y a-t-il de campanistes en France ?

L’Institut pour les Savoir-Faire Français avance environ 300 professionnels et une quarantaine d’entreprises, sans dater ces chiffres (à vérifier sur sa fiche Campaniste). Nous n’avons trouvé aucune statistique publique plus récente.

Faut-il une autorisation pour restaurer une cloche ancienne ?

Oui si elle est classée monument historique : autorisation préalable de l’administration, travaux sous contrôle de l’État. Si elle est inscrite, une déclaration deux mois avant les travaux suffit. Si elle n’est pas protégée, aucune autorisation patrimoniale n’est requise, mais l’avis du CAOA reste utile pour une cloche ancienne.

Sources

  • Institut pour les Savoir-Faire Français, « Campaniste », fiche métier, consulté en octobre 2026 : institut-savoirfaire.fr
  • ONISEP, « Campaniste », fiche métier, consulté en octobre 2026 : onisep.fr
  • ONISEP / Ideo, « Campaniste », fiche MET.7913 (mise à jour du 3 mars 2026), diffusée par optionmetier.fr, consulté en octobre 2026 : optionmetier.fr
  • France Compétences, RNCP41012 « CAP Charpentier bois », consulté en octobre 2026 : francecompetences.fr
  • France Compétences, RNCP38401 « CAP Électricien », consulté en octobre 2026 : francecompetences.fr
  • France Compétences, RNCP37896 « CAP Horlogerie », consulté en octobre 2026 : francecompetences.fr
  • France Compétences, RNCP5365 « CAP Horlogerie » (fiche inactive), consulté en octobre 2026 : francecompetences.fr
  • Ministère de la Culture, « Un chantier de fond sur la documentation du patrimoine campanaire protégé au titre des monuments historiques », 2021, consulté en octobre 2026 : culture.gouv.fr
  • Ministère de la Culture, « Intervenir sur un objet mobilier classé ou inscrit », consulté en octobre 2026 : culture.gouv.fr
  • Ministère de la Culture, Collectif Objets, « Étapes préalables à la restauration », consulté en octobre 2026 : collectif-objets.culture.gouv.fr
  • Ministère de la Culture, fiche d’inventaire du patrimoine culturel immatériel « La sonnerie de cloches par tintement manuel », consulté en octobre 2026 : culture.gouv.fr
  • Sénat, question écrite n° 10758 et réponse du ministère de l’Intérieur (JO Sénat du 16 décembre 2004), « Conditions de fonctionnement des cloches d’église dans les communes rurales », consulté en octobre 2026 : senat.fr

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