Financer un CAP d’ébéniste, un stage de dorure ou une formation de céramiste avec son compte personnel de formation (CPF) n’est plus gratuit. Depuis avril 2026, chaque inscription coûte 150 € de sa poche. Et pour les formations validées depuis le 2 octobre 2026, un complément pouvant aller jusqu’à 200 € pourrait être réclamé en 2027. Voici ce qui est acquis, ce qui ne l’est pas encore, et comment l’éviter.
150 € de reste à charge depuis avril 2026
Lorsque vous réservez une formation sur Mon Compte Formation, une participation forfaitaire obligatoire est due, sauf exonération. Son montant a été porté à 150 € par le décret n° 2026-234 du 30 mars 2026, publié au Journal officiel du 1er avril 2026. Il s’applique aux demandes d’inscription postérieures au 2 avril 2026 ; il était auparavant de 103,20 €, selon le Centre Inffo.
Cette somme se paie au moment de l’inscription, sur la plateforme. Votre employeur peut la rembourser, mais rien ne l’y oblige.
Jusqu’à 200 € de plus en 2027 : ce que prévoit le projet de loi de finances
Le projet de loi de finances pour 2027 prévoit de majorer cette participation. La mesure vise les demandes d’utilisation du CPF en 2027, mais aussi les formations validées à compter du 2 octobre 2026. Mon Compte Formation l’annonce depuis cette date : en confirmant un achat, le titulaire s’engage à régler en 2027 un complément « pouvant atteindre 200 € » s’il est concerné.
Trois points restent ouverts au 27 octobre 2026, date de cet article :
- La loi n’est pas votée. Le complément dépend du vote de la loi de finances pour 2027 et de la publication de ses textes d’application.
- Le montant exact n’est pas fixé. Il sera calculé une fois ces règles publiées ; 200 € est un plafond, pas un montant certain.
- La liste des secteurs prioritaires, exonérés de la majoration, doit être fixée par arrêté en 2027.
Conséquence pratique : attendre ne sert à rien pour échapper à la mesure, puisqu’elle couvre déjà les formations validées depuis le 2 octobre 2026. Surveillez plutôt le vote de la loi de finances, que nous suivrons sur ce site.
Qui ne paiera pas le complément
D’après Mon Compte Formation, la majoration ne s’applique pas dans les cas suivants :
- Les formations cofinancées par un tiers (employeur, Région, opérateur de compétences, France Travail…), dès lors que le cofinancement atteint au moins 150 €.
- Les formations des secteurs prioritaires : défense, industrie, souveraineté alimentaire, transition écologique, numérique et médico-social.
- La validation des acquis de l’expérience (VAE) et le droit individuel à la formation des élus locaux.
- Les demandeurs d’emploi inscrits à France Travail ne sont pas concernés par la majoration. Ils restent redevables de la participation de base, sauf formation cofinancée ou relevant d’un secteur prioritaire.
Le bilan de compétences reste soumis à la participation de base, y compris pour les demandeurs d’emploi. Le projet de transition professionnelle, souvent utilisé en reconversion, relève d’un financement distinct du CPF.
Ce que cela change pour une formation aux métiers d’art
Les métiers d’art ne figurent pas dans la liste des secteurs prioritaires annoncée. Pour un salarié qui prépare sa reconversion vers l’ébénisterie, la céramique ou la bijouterie, le levier le plus sûr est donc le cofinancement : un abondement de votre employeur, de votre Région ou de France Travail d’au moins 150 € évite la majoration.
Rappel des droits : un salarié qui travaille au moins à mi-temps voit son CPF crédité de 500 € par an, dans la limite de 5 000 € (Service-Public.fr, fiche vérifiée le 27 juin 2026). Un CAP en un an coûte souvent davantage : comparez le devis de l’organisme à votre solde avant de vous engager. Les règles d’alimentation diffèrent pour les travailleurs indépendants ; vérifiez votre solde réel sur Mon Compte Formation.
Votre employeur ne peut pas vous imposer d’utiliser votre CPF. En revanche, si la formation a lieu pendant votre temps de travail, il doit l’autoriser : la demande se fait au moins 60 jours avant le début, 120 jours si la formation dure plus de six mois (Service-Public.fr).
Les 12 erreurs qui coûtent le plus cher aux artisans d’art
Douze erreurs précises, chacune vérifiée sur une source publique et datée : la qualité d’artisan d’art qui ne se gagne pas devant un jury, les 60 jours de l’ACRE, le mot « acompte » qu’il faut écrire, les 33 €/kg d’indemnisation d’un transporteur, le stage pour enfants qui bascule dans un régime déclaratif. Avec seize sources officielles pour tout vérifier vous-même.
Pour préparer votre reconversion
Le financement n’est qu’une étape. Pour choisir le métier, la formation et le bon ordre des démarches, voyez notre article sur la reconversion vers l’artisanat d’art, les formations d’artisan et la liste des 281 métiers d’art officiels. Pour aller plus loin, notre guide Se reconvertir dans les métiers d’art.
Article vérifié le 27 octobre 2026 sur les sources officielles : Mon Compte Formation (page du 2 octobre 2026), Service-Public.fr (fiche F10705) et Centre Inffo pour le décret n° 2026-234. Le complément de 2027 dépend d’un projet de loi non encore adopté : cet article sera mis à jour après le vote de la loi de finances.

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