Merci de vous présenter en quelques mots ?
Je m’appelle Luc Allain, j’ai 37 ans et je suis murailler-caladeur, installé dans les Bouches-du-Rhône. J’interviens dans toute la région Provence-Alpes-Côte d’Azur selon les projets. Je crée et restaure des ouvrages en pierre sèche, avec un goût particulier pour la restauration du patrimoine bâti vernaculaire. Ces constructions, souvent d’origine paysanne, façonnent nos paysages. Le savoir-faire de la maçonnerie en pierre sèche est ancestral, et il suscite aujourd’hui un regain d’intérêt, tant chez les particuliers que chez les collectivités et les associations.
Présentez-nous votre métier ?
La construction en pierre sèche consiste à réaliser des ouvrages en pierre bâtis à sec, c’est-à-dire sans liant ni mortier. Cette technique permet de construire des murs de soutènement, des murs de clôture, des escaliers, des calades et bien d’autres ouvrages qui dessinent les paysages provençaux.
Elle présente de nombreux avantages. Elle est écologique par nature : la pierre est le seul matériau utilisé, ce qui limite la pollution. Elle favorise aussi le réemploi et les ressources locales (pierres de réemploi, pierres de carrière, etc.).
Sur le plan technique, la pierre sèche a de solides atouts, en particulier pour les murs de soutènement. La souplesse de la maçonnerie lui permet d’absorber les mouvements de terrain. L’ouvrage est solide et durable, et les mêmes pierres peuvent être réutilisées d’une construction à l’autre. Ces murs sont naturellement drainants, ce qui limite la poussée des terres lors des épisodes pluvieux. Certains ouvrages, comme les murs de soutènement et les calades, contribuent en outre à limiter l’érosion des sols.
Enfin, ces constructions sont de précieux refuges pour la biodiversité : les interstices entre les pierres accueillent de nombreuses espèces animales et végétales.
Quel est votre parcours professionnel ? Et que vous apporte votre métier dans votre vie ?
Après des études de journalisme à l’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence, j’ai exercé quelque temps comme journaliste avant de changer de voie. Au retour d’une année de voyage à l’étranger, j’ai suivi une formation de maçonnerie du bâti ancien, au cours de laquelle j’ai découvert la construction en pierre sèche. J’ai ensuite travaillé trois ans et demi comme salarié dans une entreprise de maçonnerie traditionnelle des Bouches-du-Rhône, où j’ai continué à pratiquer la pierre sèche. En 2021, j’ai décidé de me lancer à mon compte ou j'ai pu travailler aux côtés d'autres murailleurs et ainsi perfectionner ma pratique. En décembre 2025, j'ai obtenu le CQP 2 d'ouvrier professionnel en pierre sèche, inscrit au RNCP et délivré après examen par l'association des bâtisseurs en pierre sèche basée dans les Cévennes.
Aujourd’hui, j’interviens dans toute la région Provence-Alpes-Côte d’Azur selon les projets, et je consacre l’essentiel de mon activité à la création et à la restauration d’ouvrages en pierre sèche. Ce métier me permet de travailler en extérieur, au contact de la nature, sans utiliser de produits industriels, et de défendre un mode de construction sobre et vertueux, porteur d’une vraie dimension patrimoniale et paysagère.
Quelles sont vos spécialités ?
La restauration d'ouvrages en pierre sèche, bien souvent les murs de soutènement qui subissent les affres du temps, afin de leur redonner vie et de préserver les paysages qu'ils contribuent à façonner.
La maçonnerie en pierre sèche a fait l'objet ces dernières années de nombreux travaux de recherches et publications, et un travail commun des acteurs de la filière a permis la création de Règles professionnelles de la construction en pierre sèche, qui constitue aujourd'hui la référence technique pour cette technique.
La construction en pierre sèche obéit à des règles bien précises qu'il convient de respecter pour réaliser des ouvrages durables. Il ne s'agit pas d'un simple empilement de pierres. Elle a été inscrite par l'Unesco au Patrimoine mondial immatériel.
On retrouve des ouvrages en pierre sèche dans de nombreux pays à travers le monde.
Quels sont vos projets à court ou moyen terme ?
Développer mon activité et la transmission, et notamment les réalisations collectives à travers la collaboration avec d'autres murailleurs de ma région et l'animation de chantiers participatifs.
Un conseil à donner à quelqu’un qui voudrait faire votre métier ?
Pour faire ce métier il faut avoir une bonne condition physique (port de charges lourdes, travaux physiquement éprouvants, forte chaleur/froid/pluie et humidité).
Il faut selon moi pratiquer encore et encore, aux côtés de professionnels reconnus afin d'engrenger de l'expérience, parfaire ses techniques et travailler sur des ouvrages variés pour découvrir les possibilités offertes par cette technique. Suivre une formation reconnue est le moyen idéal de commencer dans ce métier.

Retrouvez Allain Luc sur son site : osmiarenovation.fr.
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