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Sertisseur : le métier d’art qui fixe les pierres sur les bijoux

Le sertisseur fixe les pierres sur une monture réalisée par le bijoutier-joaillier. Gestes, diplômes vérifiés sur le RNCP, métiers voisins et conseils pour lui confier un bijou.
Sertisseur fixant une pierre sur une bague

Sommaire

Le sertisseur est l’artisan qui fixe les pierres sur un bijou : il prépare leur logement dans le métal de la monture, puis rabat ou repousse ce métal pour les maintenir. Il ne fabrique pas la monture et ne taille pas la pierre. Il intervient entre les deux, au moment où une pièce de métal devient une bague, un pendentif ou une broche garnis.

Ce partage du travail surprend souvent les particuliers. Dans un atelier de joaillerie, la monture est réalisée par le bijoutier-joaillier, la pierre a été taillée en amont par un lapidaire ou un diamantaire, et le sertisseur reçoit les deux pour les assembler. La liste officielle des métiers d’art en tient compte : « Sertisseur » y figure comme une entrée distincte de « Bijoutier », « Joaillier » et « Lapidaire ».

Cette page couvre les gestes et les outils du métier, ce qu’un sertisseur réalise aujourd’hui, les métiers avec lesquels on le confond, les diplômes qui y mènent (avec leur numéro RNCP), ce que l’on peut dire honnêtement des revenus, et la manière de confier un bijou à un sertisseur.

Ce que fait un sertisseur au quotidien

L’Institut pour les Savoir-Faire Français résume le geste de départ : le sertisseur « enchâsse les pierres précieuses dans un étau de bois, la “poignée”, et les protège par une couche de cire chaude ». La pièce est donc bloquée dans la cire, sur un manche que l’artisan tient et fait pivoter d’une main pendant que l’autre travaille.

Le reste est une suite d’opérations courtes et répétées, presque toujours sous loupe ou sous binoculaire :

  • Lire la pièce. Le sertisseur vérifie la monture, la taille et les dimensions des pierres, et choisit le type de serti adapté. L’Institut cite quatre familles : serti à griffes, serti clos, serti à grains et serti rail.
  • Préparer le logement. À la fraise et à l’échoppe (un petit burin), il creuse dans le métal l’assise exacte de la pierre, au dixième de millimètre près.
  • Poser et fixer. Il place la pierre, puis rabat les griffes, repousse le bord du chaton (serti clos) ou soulève de petits grains de métal qu’il arrondit au perloir (serti à grains).
  • Finir. Il reprend les arêtes à l’échoppe, contrôle que chaque pierre est tenue sans jeu et sans contrainte, puis remet la pièce au polissage.

Les outils sont peu nombreux mais très personnels : poignée et cire, échoppes de différents profils que l’artisan affûte et façonne lui-même, perloirs, fraises montées sur moteur suspendu, pinces, brucelles, loupe ou microscope. Les matériaux travaillés sont surtout l’or, le platine et l’argent ; les pierres vont du diamant aux pierres fines.

La difficulté tient à l’asymétrie du risque : le métal se rattrape, une pierre fendue ne se rattrape pas. Certaines pierres, comme l’émeraude, supportent mal la pression ou la chaleur. Le sertisseur doit savoir lesquelles et adapter son geste.

Ce qu’un sertisseur fabrique ou restaure aujourd’hui

Le sertisseur fabrique rarement un bijou complet. Il réalise une étape, à la commande, pour quelqu’un d’autre. Ses donneurs d’ordre sont principalement :

  • les ateliers de bijouterie-joaillerie et les bijoutiers indépendants, qui lui confient des montures prêtes à sertir ;
  • les maisons de joaillerie, dont certaines emploient leurs propres sertisseurs en atelier intégré ;
  • les créateurs qui dessinent et montent leurs pièces mais ne sertissent pas eux-mêmes ;
  • plus rarement, les particuliers, directement ou par l’intermédiaire de leur bijoutier.

Côté particuliers, les demandes les plus fréquentes sont des réparations : resserrer une pierre qui bouge, remplacer une griffe usée ou cassée, remonter une pierre perdue, transférer les pierres d’un bijou ancien sur une monture neuve. Ce dernier cas, la transformation d’un bijou de famille, est courant. Pour l’entretien courant des bijoux et des autres objets d’artisanat, voyez aussi notre rubrique entretenir et restaurer.

Un sertisseur peut être salarié d’un atelier, ou indépendant et travailler « à façon » pour plusieurs bijoutiers. Dans les deux cas, il est payé pour une opération sur une pièce qui ne lui appartient pas, ce qui pèse sur l’organisation du métier : bons de dépôt, assurance des pièces confiées, traçabilité des pierres.

Les métiers voisins, et comment ne pas les confondre

Dans la liste officielle, le domaine « Bijouterie, joaillerie, orfèvrerie et horlogerie » compte une vingtaine d’entrées. Plusieurs touchent au bijou à pierres. Voici comment les distinguer.

MétierCe qu’il faitRapport au sertisseur
BijoutierFabrique le bijou en métal : il scie, soude, forme et assemble.Il réalise la monture que le sertisseur recevra.
JoaillierFabrique des bijoux destinés à recevoir des pierres, avec des montures plus ajourées et plus techniques.Travaille en tandem avec le sertisseur. Certains joailliers sertissent eux-mêmes leurs pièces simples.
LapidaireTaille et polit les pierres fines et ornementales.Fournit la pierre, en amont. N’intervient pas sur le métal.
DiamantaireTaille les diamants.Même position que le lapidaire, pour le diamant.
PolisseurDonne à la pièce son état de surface final.Intervient avant et après le sertissage.

La frontière la plus floue est celle entre joaillier et sertisseur. Dans un petit atelier, une même personne peut faire les deux. Dans une grande maison, ce sont deux postes séparés, avec deux formations distinctes. Pour le métier voisin, notre guide du bijoutier-joaillier détaille l’installation et l’activité. Pour situer l’ensemble du domaine parmi les autres, consultez le panorama des 281 métiers d’art.

Se former

Les diplômes

Le sertissage dispose de diplômes nationaux propres, délivrés par le ministère de l’Éducation nationale. Nous les avons vérifiés sur le Répertoire national des certifications professionnelles (France Compétences) en octobre 2026.

  • CAP Art et techniques de la bijouterie-joaillerie, option bijouterie-sertissage — RNCP36336, niveau 3, fiche active, enregistrée le 12 avril 2022, échéance au 31 août 2027. Le même CAP comporte deux autres options : bijouterie-joaillerie et polissage-finition. La fiche précise que le titulaire exerce « sous l’autorité » d’un chef d’entreprise ou d’atelier et réalise des sertissages simples.
  • BMA (brevet des métiers d’art) Bijou, option bijouterie-sertissage — RNCP38649, niveau 4, fiche active, voies d’accès ouvertes depuis le 1er septembre 2023, échéance au 31 août 2028. Il remplace l’ancien BMA Art du bijou et du joyau (RNCP809). Le titulaire est décrit comme un technicien des métiers d’art qui peut travailler en atelier artisanal, industriel ou de haute joaillerie.

L’ancien CAP Sertissage en haute joaillerie (RNCP2930) est inactif : sa dernière session d’examen date de 2009. Si vous le voyez encore cité, c’est une information périmée.

Au-delà du niveau 4, l’Institut pour les Savoir-Faire Français mentionne un DMA Art du bijou et du joyau. Les DMA ont été remplacés par le DN MADE ; nous n’avons pas trouvé de parcours de DN MADE consacré spécifiquement au sertissage. Ces formations supérieures portent sur la conception du bijou plus que sur le geste de sertir.

Où se former

À titre d’exemples, et sans prétendre à l’exhaustivité, nous avons vérifié sur leurs propres sites l’existence des formations suivantes en octobre 2026 :

  • la Haute École de Joaillerie (Paris, avec des sites à Lyon et Aix-en-Provence) prépare le CAP option sertissage en deux ans, en apprentissage ;
  • la SEPR à Lyon prépare le même CAP en apprentissage, sur 12 ou 24 mois selon le parcours ;
  • le lycée Edgar-Faure de Morteau (Doubs), via le CFA académique de Franche-Comté, prépare le BMA Bijou option sertissage en un an d’apprentissage.

Des GRETA et des centres consulaires proposent aussi le CAP aux adultes. Les sessions et les financements changent d’une année à l’autre : vérifiez directement auprès de l’établissement.

Apprentissage, reconversion, VAE

Les deux diplômes sont accessibles en apprentissage, en contrat de professionnalisation, en formation continue, en candidature libre et par la VAE, selon leurs fiches RNCP. En pratique, l’apprentissage suppose de trouver un atelier d’accueil, et c’est souvent l’étape la plus difficile, car les ateliers de sertissage sont petits.

Pour un adulte, le CAP peut se préparer en un an, mais nous ne l’avons vérifié que pour la SEPR (12 ou 24 mois) : renseignez-vous auprès de chaque centre ou sur onisep.fr. La VAE concerne surtout les personnes qui sertissent déjà en atelier sans diplôme. Si vous préparez une reconversion, notre guide de reconversion vers les métiers d’art détaille les financements et les étapes.

Revenus et débouchés : ce qu’on peut dire

Cette page ne donne aucun salaire de sertisseur. L’ONISEP et France Travail publient chacun une fiche consacrée à ce métier, mais nous n’avons pas pu y lire de rémunération chiffrée propre au sertissage. Les montants qui circulent en ligne viennent de sites d’emploi et d’agrégateurs d’annonces, sans méthode publiée ni échantillon décrit. Nous préférons ne rien publier que reprendre un chiffre invérifiable.

Ce que l’on peut citer concerne le secteur entier, pas le métier. Selon le bulletin Ecostat d’avril 2018 du Comité Francéclat, réalisé avec le concours de l’INSEE et cité par l’Institut pour les Savoir-Faire Français, la bijouterie, la joaillerie et l’orfèvrerie comptaient en 2017 2 614 entreprises et 8 553 salariés, pour un chiffre d’affaires de 1 897 millions d’euros, dont 52 % à l’export (chiffres repris de la fiche de l’Institut ; nous n’avons pas pu consulter le bulletin Ecostat lui-même). 89 % de ces entreprises avaient deux salariés ou moins. Les plus fortes concentrations se trouvaient en Île-de-France (893 entreprises), en Auvergne-Rhône-Alpes (436) et en Provence-Alpes-Côte d’Azur (311).

Ces chiffres ont près de dix ans et ne distinguent pas les sertisseurs des bijoutiers ou des polisseurs. Ils indiquent seulement la structure du secteur : beaucoup de très petites entreprises, concentrées dans quelques régions. Le statut d’indépendant à façon est donc une voie réelle. Pour les démarches d’installation, voyez notre guide de l’artisan d’art.

Faire appel à un sertisseur

Pour un particulier, deux cas se présentent : une réparation (pierre qui bouge, griffe usée, pierre perdue) ou une transformation (réutiliser les pierres d’un bijou ancien). Dans les deux cas, beaucoup de particuliers passent par leur bijoutier, qui sous-traite au sertisseur. S’adresser directement à un sertisseur indépendant est possible, à condition qu’il accepte la clientèle privée.

Avant de confier un bijou, demandez :

  • un bon de dépôt qui décrit la pièce, le nombre et le type de pierres, et leur état apparent (éclat, givre, rayure déjà présents) ;
  • un devis écrit qui sépare le sertissage, les éventuelles reprises de monture et le polissage ;
  • la position de l’artisan sur le risque de casse, notamment pour les pierres fragiles ou déjà fêlées, et ce que couvre son assurance pour les objets confiés ;
  • le délai, surtout si le travail passe par plusieurs intermédiaires.

Pour vérifier un professionnel, demandez son numéro SIREN et contrôlez son immatriculation sur l’annuaire des entreprises de l’administration. Un diplôme (CAP ou BMA option sertissage) se vérifie en demandant une copie. Les photos de pièces déjà réalisées en disent souvent davantage, à condition qu’elles soient prises sous grossissement. Vous pouvez aussi rechercher un artisan dans notre annuaire.

Des artisans qui exercent ce métier

Voir tous les ateliers de l’annuaire →

Questions fréquentes

Quelle différence entre un sertisseur et un joaillier ?

Le joaillier fabrique la monture du bijou, le sertisseur y fixe les pierres. Ce sont deux métiers distincts dans la liste officielle des métiers d’art, préparés par deux options différentes du même CAP. Dans les petits ateliers, une même personne fait parfois les deux.

Quel diplôme pour devenir sertisseur ?

Le CAP Art et techniques de la bijouterie-joaillerie, option bijouterie-sertissage (RNCP36336, niveau 3), puis éventuellement le BMA Bijou, option bijouterie-sertissage (RNCP38649, niveau 4). Les deux sont des diplômes de l’Éducation nationale, accessibles en apprentissage et aux adultes.

Peut-on devenir sertisseur en reconversion ?

Oui. Le CAP peut se préparer en un an pour les adultes (format vérifié uniquement à la SEPR, à confirmer auprès des autres centres), et les fiches RNCP ouvrent la formation continue et la VAE. La difficulté principale n’est pas le diplôme mais l’acquisition de la précision du geste, qui demande une longue pratique en atelier.

Combien gagne un sertisseur ?

Nous n’avons trouvé aucune source officielle qui publie une rémunération propre au sertissage. Les chiffres que l’on trouve en ligne proviennent de sites d’emploi, sans méthode publiée. Nous ne les reprenons pas.

Quels sont les principaux types de serti ?

L’Institut pour les Savoir-Faire Français cite le serti à griffes (la pierre est tenue par des tiges de métal rabattues), le serti clos (un bord de métal entoure entièrement la pierre), le serti à grains (de petits grains de métal soulevés dans la monture) et le serti rail (les pierres alignées entre deux bandes de métal).

Un sertisseur peut-il resserrer une pierre qui bouge ?

Oui, c’est l’une des interventions les plus courantes. Faites-le rapidement : une pierre qui bouge finit souvent par tomber. Demandez un bon de dépôt qui décrit l’état de la pierre avant l’intervention.

Sources

Artisandart

Article rédigé selon notre charte éditoriale, sources vérifiées.

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