Vendre des bougies, même en petite série sur un marché ou en ligne, fait de vous un fabricant au sens du droit européen. Trois textes s’appliquent : le règlement sur la sécurité générale des produits, le règlement CLP pour les mélanges dangereux, et des normes européennes propres aux bougies. Voici l’essentiel, à vérifier avec les textes cités en sources. Nous ne sommes pas juristes : en cas de doute, interrogez la DGCCRF ou votre chambre de métiers.
1. La sécurité générale des produits (GPSR)
Le règlement (UE) 2023/988, dit GPSR, s’applique depuis le 13 décembre 2024 à tous les produits de consommation non couverts par une réglementation spécifique, dont les bougies. Selon la Commission européenne, le fabricant doit notamment :
- réaliser une analyse interne des risques avant la mise sur le marché et établir une documentation technique ;
- accompagner le produit d’instructions et d’informations de sécurité dans une langue facilement comprise par le consommateur ;
- indiquer sur le produit (ou, à défaut, l’emballage) son nom ou sa marque, son adresse postale et électronique, ainsi qu’un numéro de type, de lot ou de série ;
- en cas de produit dangereux, le retirer ou le rappeler, informer consommateurs et autorités, et signaler les accidents via le portail européen « Safety Business Gateway ».
L’autorité luxembourgeoise de surveillance du marché rappelle que le marquage CE ne doit pas être apposé sur ces produits. Pour la vente en ligne, le règlement impose aussi des informations dans l’offre elle-même ; nous n’avons pas pu en vérifier le détail, consultez l’article 19 du texte.
2. Le règlement CLP : surtout une affaire de parfum
Une fiche de l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA), traduite par l’INERIS en 2024, précise comment le règlement CLP s’applique aux bougies. La cire n’est normalement pas classée dangereuse ; le danger vient surtout des parfums, qui peuvent rendre la bougie sensibilisante pour la peau.
- Au-delà d’un certain seuil de substance sensibilisante (0,1 % ou 1 % selon la catégorie), la bougie elle-même est classée : pictogramme, mention d’avertissement, mention H317, conseils de prudence.
- Dès un dixième de ce seuil, l’étiquette doit porter la mention EUH208 « Contient [nom de la substance]. Peut produire une réaction allergique ».
- Une bougie classée dangereuse doit porter un identifiant unique de formule (UFI) et faire l’objet d’une déclaration aux centres antipoison dans chaque pays où elle est vendue.
- L’étiquette ne peut pas être collée sur la cire ; un verre ouvert, la coupelle d’une bougie chauffe-plat ou une boîte ajourée ne constituent pas un emballage valable pour la porter.
- La fiche de données de sécurité n’est pas obligatoire pour la vente directe aux particuliers, mais elle l’est pour vos clients professionnels et revendeurs.
L’étiquette CLP comporte notamment le nom, l’adresse et le téléphone du fournisseur, la quantité nominale, les identificateurs du produit et les éléments de danger, dans la langue du pays de vente (guide de l’ECHA). Le règlement CLP a été révisé fin 2024, avec de nouvelles règles de format d’étiquette entrant en application par étapes ; vérifiez les dates qui vous concernent sur le site de l’ECHA.
À titre d’illustration, lors d’une campagne de contrôle menée en Suisse en 2019, 21 % des 33 bougies parfumées contrôlées n’étaient pas conformes, le plus souvent faute de mention EUH208.
3. Les normes européennes des bougies
- NF EN 15494 : étiquettes de sécurité des bougies (version de 2019).
- NF EN 15493 : sécurité incendie (version révisée publiée en 2026).
- NF EN 15426 : comportement à la fumée (version de 2018).
Nous n’avons trouvé aucune source officielle indiquant que ces normes sont obligatoires. Dans la logique du GPSR, elles servent à démontrer la sécurité du produit ; leur respect est donc fortement recommandé. Faites-vous confirmer ce point par la DGCCRF.
En pratique : la liste du cirier
- une fiche de données de sécurité pour chaque parfum et chaque cire utilisés ;
- un calcul de la teneur en substances sensibilisantes de chaque recette ;
- une analyse des risques et un dossier technique par produit ;
- une étiquette complète, sur l’emballage ou la bougie, avec vos coordonnées et un numéro de lot ;
- une notice de sécurité (ne pas laisser sans surveillance, distance des matières inflammables, etc.).
Notre guide pour se lancer comme cirier reprend ces étapes en détail. Voir aussi notre fiche sur le métier de cirier.
Les 12 erreurs qui coûtent le plus cher aux artisans d’art
Douze erreurs précises, chacune vérifiée sur une source publique et datée : la qualité d’artisan d’art qui ne se gagne pas devant un jury, les 60 jours de l’ACRE, le mot « acompte » qu’il faut écrire, les 33 €/kg d’indemnisation d’un transporteur, le stage pour enfants qui bascule dans un régime déclaratif. Avec seize sources officielles pour tout vérifier vous-même.
Sources
- Règlement (UE) 2023/988 relatif à la sécurité générale des produits, consulté en octobre 2026 : eur-lex.europa.eu
- Commission européenne, L’Europe est à vous, « Vendre des produits en toute sécurité », consulté en octobre 2026 : europa.eu
- ILNAS (Luxembourg), fiche produit sur le règlement 2023/988, consulté en octobre 2026 : public.lu
- ECHA, fiche « Bougies » sur le règlement CLP (traduction INERIS, 2024), consulté en octobre 2026 : ineris.fr
- ECHA, guide sur l’étiquetage et l’emballage selon le règlement CLP (2019), consulté en octobre 2026 : echa.europa.eu
- AFNOR, NF EN 15494 « Bougies, étiquettes de sécurité des produits », consulté en octobre 2026 : afnor.org
- AFNOR, NF EN 15493 « Bougies, spécification relative à la sécurité incendie », consulté en octobre 2026 : afnor.org
- AFNOR, NF EN 15426 « Bougies, spécification relative au comportement à la fumée », consulté en octobre 2026 : afnor.org
- Office fédéral de la santé publique (Suisse), rapport de campagne sur les bougies parfumées (2019), consulté en octobre 2026 : admin.ch


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